L’US Navy laisse la gâchette à une IA pour gérer ses canons lasers !

paultensor
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Retirer l’opérateur humain de l’équation au profit d’une intelligence artificielle (IA), c’est ce qu’envisage l’US Navy pour rendre efficaces les canons lasers anti-menace aérienne. Lors d’une expérimentation, l’IA a appris ce qui est nécessaire pour acquérir une cible et la détruire avec rapidité et efficacité. Des facultés indispensables en cas d’attaque par un essaim de drones.

C’est désormais acquis. L’emploi d’armements défensifs au laser pour neutraliser les attaques de drones, voire des missilesmissiles, fait l’objet de nombreuses expérimentations. C’est notamment le cas pour les marines de certains pays européens, comme la France et surtout les États-Unis. La dernière expérimentation en mer de l’US Navy a eu lieu, il y a peu, avec le système laserlaser Helios d’une puissance de 60 kW qui équipe à présent le destroyer USS Preble. L’engin a détruit avec succès un aéronefaéronef sans pilote.

Équiper un navire d’une telle arme est judicieux, puisqu’elle ne nécessite pas d’embarquer de munitions, que son coût d’utilisation est minime et que le laser peut faire mouche à la vitesse de la lumièrevitesse de la lumière. Après des années d’expérimentations, la technologie des canons lasers est aujourd’hui proche d’être mûre. En revanche, si le laser est rapide et économique, reste un problème préalable essentiel : faire l’acquisition de la cible, identifier son point faible et diriger le laser sur celui-ci pour la détruire.

Les opérateurs humains les plus entraînés ont des chances d’y parvenir contre un seul drone. En revanche, l’opération risque fort d’être vouée à l’échec face à une attaque par saturation avec un essaim de drones. Et autant dire qu’avec une nuée de missiles hypersoniques, l’arme défensive manipulée par les marins serait totalement inefficace.

Pour s’assurer d’un engagement des cibles en temps réel, c’est encore une fois l’IA qui est mise à contribution en écartant des manettes l’opérateur humain. La Naval Postgraduate School (NPS) a ainsi utilisé l’intelligence artificielle pour améliorer la neutralisation d’une menace par laser. L’organisme a collaboré avec l’industriel Lockheed Martin, Boeing et l’AirAir Force Research Laboratory (AFRL). Les expérimentations ont eu lieu sur le centre d’expérimentation naval de Dahlgren en Virginie.

Essai en conditions réelles du canon laser HELIOS qui équipe l’USS Preble.© US Navy

L’IA remise l’humain aux tâches subalternes

Pour aller au-delà des limitations humaines, l’IA a été entraînée avec 100 000 images d’un drone Reaper miniature. Le modèle a été scanné sous toutes les coutures et utilisé pour simuler sa présence selon différents angles et distances, l’apparence du véritable aéronef à l’échelle réelle au travers un télescopetélescope. D’autres données ont été ajoutées pour l’entraînement, comme celles sur les points faibles du drone et celles d’un radar pour obtenir la trajectoire et la distance de l’appareil.

Pour parfaire l’exercice, une série de trois scénarios d’entraînement de l’IA a été mise en place. Le premier utilisait uniquement des données synthétiques. Le deuxième, une combinaison de données synthétiques et réelles. Le dernier, uniquement des données réelles, avec la maquette de ce Reaper et le système d’arme totalement miniaturisé.

Étonnamment, selon la marine, c’est ce troisième scénario qui a le mieux fonctionné. C’est avec lui que la marge d’erreur a été la plus faible. En plus de son entraînement, cette IA a aussi un atout supplémentaire, elle permet de corriger les erreurs de position du faisceau laser sur de longues distances en raison des distorsions atmosphériques. Selon la marine américaine, le troisième scénario était celui qui fonctionnait le mieux, avec la plus faible marge d’erreur.

La prochaine étape consistera à effectuer des tests avec un véritable drone, avec un suivi radar et optique. L’opérateur sera toujours présent, mais seulement pour contrôler certains aspects du suivi. Dans tous les cas, il n’y a pas besoin de détruire un drone pour pouvoir tester l’efficacité du laser. S’assurer du bon placement du faisceau sur la carlingue de l’engin suffit pour savoir s’il serait neutralisé en condition réelles. L’IA devrait intégrer pour d’autres tests l’actuel démonstrateurdémonstrateur High Energy Laser Expeditionary (Helex), qui est actuellement testé par l’armée américaine.  

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