Google vient de mettre à jour sa charte sur l’usage de l’intelligence artificielle. Certaines modifications, effectuées en toute discrétion, devraient lui permettre de développer des IA à usage militaire.
« Don’t be evil » (ne soyez pas malveillants), voici l’ancienne devise de GoogleGoogle, jusqu’en 2015. Ensuite, ce sera « Do the right thing » (faire ce qui est bon/correct), qui laisse plus de marge de manœuvre. Comme par exemple revenir sur ses principes, exprimées en 2018, de ne pas utiliser l’intelligence artificielle pour la surveillance et les applicationsapplications militaires.
Après Meta qui annule toutes ses mesures en matièrematière de diversité, et Elon MuskElon Musk qui s’attaque aux données de l’administration américaine, Google semble avoir décidé de profiter du virage politique aux États-Unis pour changer sa position sur l’IA. Dans une publication sur le blog de Google, James Manyika, vice-président senior pour la recherche, la technologie et la société, et Demis Hassabis, à la tête de Google DeepMind, ont indiqué désormais se concentrer sur trois principes fondamentaux : l’innovation audacieuse, le développement et le déploiement responsables, et le progrès collaboratif. À première vue, rien de problématique.
Vers le développement d’IA militaires ?
Toutefois, cette annonce cache un certain nombre de modifications de la charte. Notamment, Google a discrètement retiré les engagements à ne pas développer d’armes, de technologies de surveillance ou les technologies contraires au droit international et au droit humain. Une nécessité, selon les deux hommes, pour que les démocraties conservent une longueur d’avance sur le développement de l’IA. Ces changements vont permettre à Google de travailler plus facilement sur des contrats militaires. L’été dernier, près de 200 employés de Google DeepMind avaient signé une lettre ouverte demandant à Google de cesser ses contrats militaires, en contradiction avec les principes de l’entreprise. La critique visait entre autres le projet Nimbus qui fournit un service cloud pour toutes les opérations gouvernementales et militaires d’Israël.
Google pourra ainsi se rapprocher du Pentagone pour le développement d’IA militaires. Certains concurrents de Google ont déjà signé des partenariats avec des entreprises de défense, comme OpenAI avec Anduril, Anthropic avec Palantir, ou encore Meta avec les deux.