Les seiches, ces créatures mystérieuses des fonds marins, cachent bien des secrets. Derrière leurs comportements se révèle un niveau d’intelligence qui remet en question bien des certitudes.
Les céphalopodes, une classe d’animaux marins comprenant les pieuvres, les calmars et les seiches ont longtemps fasciné les scientifiques par leur intelligenceintelligence et leurs capacités cognitives avancées. En 2021, des chercheurs ont démontré que ces créatures peuvent réussir un test cognitif conçu initialement pour évaluer les capacités des enfants humains : le test du marshmallow. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B.
Le test du Marshmallow : une mesure de la maîtrise de soi
Le test du marshmallow, développé dans les années 1960 par le psychologue Walter Mischel, est une expérience classique en psychologie du développement. Il vise à évaluer la capacité des enfants à retarder la gratification. « Chez l’homme, la maîtrise de soi a été associée aux performances cognitives, les individus qui retardent la gratification plus longtemps obtenant de meilleurs résultats dans les tâches académiques », écrivaient les chercheurs.
Dans sa version originale, un enfant est placé dans une pièce avec une guimauveguimauve et on lui dit que s’il parvient à ne pas la manger pendant 15 minutes, il en recevra une deuxième. Ce test mesure des performances cognitives telles que la planification et la maîtrise de soi.
Les chercheurs ont adapté ce test pour les seiches (Sepia officinalis). Elles ont été placées dans un réservoir avec deux chambres contenant des collations : une moins appréciée (un morceau de crevette royale crue) et une plus attrayante (des crevettes graminées vivantes). Les portesportes des chambres portaient des symboles indiquant le temps avant leur ouverture, que les seiches ont appris à reconnaître.
Les résultats ont montré que les seiches pouvaient attendre jusqu’à 130 secondes pour obtenir la meilleure récompense, démontrant une capacité à retarder la gratification comparable à celle observée chez des vertébrés à gros cerveaucerveau, comme les chimpanzés, les corbeaux et les perroquets.
Implications pour la compréhension de l’intelligence animale
Malgré leur système nerveux très différent de celui des vertébrés, les seiches démontrent des capacités cognitives complexes. Leur cerveau, structuré différemment de celui des mammifères, possède plusieurs centaines de millions de neurones, ce qui leur confère des compétences remarquables en matièrematière de camouflage, de chasse et de résolutionrésolution de problèmes.
Alien cuttlefish won’t stop talking pic.twitter.com/enhQKz7AER
— Marine Planet (@marine_pla18913) January 6, 2025
Leur réussite au test du marshmallow témoigne de leur aptitude à la maîtrise de soi et à la planification, des compétences que l’on pensait auparavant réservées aux vertébrés à gros cerveau. « Les seiches étudiées étaient toutes capables d’attendre la meilleure récompense et toléraient de longues attentes, ce qui est comparable à ce que l’on observe chez les vertébrés à gros cerveau tels que les chimpanzés, les corbeaux et les perroquets », avait alors expliqué l’auteure principale Alexandra Schnell de l’université de Cambridge. La question de la nature de l’intelligence au-delà des vertébrés pourrait ainsi faire l’objet de nouvelles recherches passionnantes.