Un essai canadien sur des souris suggère que le bêta-glucane, présent dans les champignons et certaines céréales, pourrait renforcer notre système immunitaire et nous protéger des complications de la grippe.
Chaque année, des millions de personnes dans le monde sont touchées par le virus de la grippe. Dans la majorité des cas, l’infection se limite à de la fièvre, des courbatures et de la toux, mais pour certaines personnes, elle peut entraîner des complications sévères nécessitant une hospitalisation. Si la vaccination reste le meilleur moyen de préventionprévention, les chercheurs s’intéressent à d’autres pistes pour réduire la gravitégravité de l’infection. Une étude menée par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, au Canada, apporte un éclairage prometteur sur un ingrédient insoupçonné : le bêtabêta–glucaneglucane, une moléculemolécule présente dans tous les champignonschampignons.
Le rôle du système immunitaire dans les complications de la grippe
Contrairement à ce que nous sommes nombreux à penser, ce n’est pas toujours le virus de la grippe lui-même qui entraîne les formes graves et les décès, mais plutôt une réaction excessive de notre système immunitaire. En effet, lorsque notre organisme détecte une infection, il déclenche une réponse inflammatoire pour éliminer le virus et chez certaines personnes, cette réaction devient incontrôlable.
Connue sous le nom de « tempêtetempête de cytokines », elle provoque une inflammationinflammation massive qui peut endommager les tissus pulmonaires et conduire à un syndromesyndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), nécessitant une hospitalisation en soins intensifs.
Un bouclier naturel contre l’inflammation pulmonaire
Contrairement aux antivirauxantiviraux qui ciblent directement le virus, l’étude publiée dans Nature Immunology s’attache à renforcer la réponse immunitaire. Les scientifiques ont administré du bêta-glucane, un polysaccharidepolysaccharide présent dans la paroi cellulaire de certains champignons, mais aussi dans l’avoineavoine, l’orgeorge et les alguesalgues, à des souris avant de les exposer au virus de la grippe. Résultat : une nette diminution des lésions pulmonaires et une amélioration de la fonction respiratoire.
La molécule agit directement sur les neutrophiles, des cellules immunitaires impliquées dans les inflammations sévères. Grâce au bêta-glucane, les cellules sont reprogrammées pour adopter un rôle protecteur et empêcher l’emballement du système immunitairesystème immunitaire souvent responsable des complications mortelles.
Le Professeur Divangahi explique que la quantité et la composition des champignons présents dans le microbiome humain varient d’un individu à l’autre, ce qui pourrait influencer la réponse du système immunitaire aux infections, en particulier grâce au bêta-glucane. Des études supplémentaires chez l’Homme seront nécessaires pour confirmer ces hypothèses et ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques personnalisées.