L’explosion d’une étoile il y a 2,5 millions d’années a entraîné le développement de nouveaux virus !

paultensor
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Par la pluie de rayons cosmiques qu’elles apportent sur Terre, les supernovas sont depuis longtemps soupçonnées d’avoir eu une influence sur l’évolution du vivant. Une nouvelle étude suggère ainsi un lien entre l’explosion d’une étoile proche de la Terre il y a 2,5 millions d’années et l’observation d’une diversification accélérée de virus dans un lac d’Afrique.

Une explosion titanesque, difficile à imaginer. Lorsqu’une étoileétoile massive arrive en fin de vie, son cœur s’effondre sur lui-même, produisant une formidable onde de choc qui va voyager à travers l’espace. C’est ce que l’on appelle une supernova. Ce phénomène se produit à tout instant dans l’UniversUnivers. Lorsqu’il concerne des étoiles proches de la Terre, il peut d’ailleurs être visible. Les récits historiques nous rapportent ainsi l’apparition soudaine dans le ciel d’étoiles extrêmement brillantes, pouvant perdurer pendant plusieurs mois avant de disparaître. L’observation de ce phénomène a d’ailleurs largement participé au développement des grands principes d’astronomie, en montrant que les astresastres ne sont pas immuables.

Les traces des supernovas dans les sédiments terrestres

Des traces de ces explosions d’étoiles peuvent d’ailleurs être retrouvées jusque dans un lointain passé. Lorsqu’elle explose, une supernova émet en effet de puissantes salves de rayons cosmiquesrayons cosmiques, qui s’accompagnent de l’émissionémission de certains radioisotopesisotopes bien caractéristiques comme le ferfer-60. Cet isotope radioactif du fer se formerait exclusivement lors de l’explosion de supernovasupernova. En retrouver dans les archives sédimentaires terrestres est donc un indice important permettant de supposer qu’une supernova s’est formée au moment du dépôt de ces sédiments. C’est ainsi qu’ont été identifiées deux explosions récentes. Les forts taux de 60Fe mesurés dans certains sédiments des fonds océaniques suggèrent qu’une explosion a eu lieu il y a 5 à 6 millions d’années, et une autre entre 2 et 3 millions d’années.

La question de l’impact de ce type d’événement cosmique sur la vie terrestre est d’ailleurs depuis longtemps posée. Certains modèles suggèrent qu’ils auraient ainsi pu influencer la chimiechimie de l’atmosphère, mais aussi les organismes vivants. Mais les effets restent encore mal contraints. Une nouvelle étude révèle cependant que l’explosion de la supernova il y a environ 2,5 millions d’années aurait pu fortement influencer le développement de certains virus. Les résultats ont été publiés dans la revue The Astrophysical Journal Letters.

Un impact sur l’ADN des virus dans le lac Tanganyika

Le modèle développé par les chercheurs suggère que la Terre aurait ainsi été impactée avec une forte intensité par des rayons cosmiques pendant 100 000 ans après l’explosion d’une étoile faisant partie de l’association Scorpion-Centaure, un groupe d’étoiles proche du SoleilSoleil. Un phénomène suffisamment violent pour affecter l’ADNADN des organismes vivants. En comparant leurs données avec d’autres études, les scientifiques se sont ainsi rendu compte qu’il pourrait y avoir un lien entre cette supernova et l’observation d’une forte diversification de virus dans l’un des lacs les plus connus d’Afrique : le lac Tanganyika.

Ce lac est en effet l’une des plus importantes réserves d’eau douce au monde. Situé dans le rift est-Africain, il était déjà présent il y a 3 millions d’années. Or, entre 2 et 3 millions d’années, il semble y avoir eu une accélération notable de la diversification des espèces de virus affectant les poissonspoissons de ce lac. Même si le lien entre les deux événements reste pour l’instant difficile à prouver, pour les auteurs de l’étude les taux de radiation calculés sont compatibles avec un tel impact sur l’ADN des virus. Ces résultats suggèrent qu’au cours de l’histoire de la vie terrestre, les explosions de supernovas ont pu avoir une action discrète bien que significative sur l’évolution du vivant.

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