l’alarmant « avant / après » des questions posées

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Le Capes de mathématiques a connu une métamorphose significative ces deux dernières décennies. D’un concours axé sur les prouesses mathématiques, il s’est mué en une évaluation plus équilibrée des compétences pédagogiques. Cette évolution soulève des interrogations sur le niveau requis pour enseigner les mathématiques dans le secondaire. Plongeons dans les arcanes de cette transformation et ses implications pour l’éducation mathématique en France.
 

Le CertificatCertificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes) en mathématiques a subi une profonde mutation au fil des ans. Cette évolution reflète les changements dans les attentes envers les futurs enseignants et soulève des questions sur l’adéquation entre la formation et les besoins du système éducatif. Examinons de plus près les transformations de ce concours essentiel pour l’enseignement des mathématiques en France.

Un tournant dans l’évaluation des compétences mathématiques

Il y a deux décennies, le Capes de mathématiques était réputé pour sa rigueur et sa complexité. Les épreuves de 2004, par exemple, comportaient des exercices théoriques et pratiques exigeant des démonstrations pointues et des calculs analytiques poussés. Les candidats devaient maîtriser des domaines tels que l’analyse, l’algèbre et la géométrie, avec une emphase particulière sur l’étude de fonctions complexes comme l’exponentielle.

Aujourd’hui, le paysage est radicalement différent. L’édition 2024 du concours a suscité de vives réactions sur les réseaux sociauxréseaux sociaux, notamment sur X (anciennement TwitterTwitter). De nombreux internautes ont critiqué ce qu’ils perçoivent comme une baisse significative du niveau de difficulté. Un utilisateur a même affirmé que le sujet était « largement moins dur que des DS de prépa 1re année en MPSI ou PCSI ».

Cette évolution est d’autant plus frappante que, depuis 2021, le Capes n’est accessible qu’aux étudiants inscrits en master 2 ou titulaires d’un bac+5. Paradoxalement, alors que le niveau d’études requis pour se présenter au concours a augmenté, la nature des épreuves semble s’être simplifiée.

De la théorie pure à la pratique pédagogique

Le changement le plus notable dans l’évolution du Capes de mathématiques réside dans l’accent mis sur les compétences didactiques. Manon Chiappa, professeure de mathématiques en région bordelaise, souligne l’importance de cette transition : « Maintenant, davantage d’importance est accordée aux épreuves didactiques, ce qui est essentiel pour notre métier, puisque ces compétences sont directement liées à l’enseignement ».

Les épreuves actuelles comprennent deux écrits d’admissibilité et deux oraux d’admission. La première épreuve écrite évalue la connaissance des notions du programme et la capacité à résoudre des problèmes, tout en testant le raisonnement et l’expression écrite. La seconde se concentre sur les compétences mathématiques et didactiques du candidat, notamment sa capacité à analyser des exercices ou des productions d’élèves.

Les oraux, quant à eux, mettent l’accent sur la conception d’une séance d’enseignement et incluent un entretien de motivation. Cette approche contrastecontraste fortement avec les épreuves d’antan, où les compétences didactiques et la motivation du candidat n’étaient pas explicitement évaluées.

Implications pour l’enseignement des mathématiques

Cette transformation du Capes soulève des questions cruciales sur la préparation des futurs enseignants de mathématiques. D’un côté, l’accent mis sur les compétences pédagogiques semble mieux préparer les candidats aux réalités de l’enseignement. De l’autre, certains s’inquiètent d’une potentielle baisse du niveau mathématique requis.

Manon Chiappa, qui a passé son Capes en 2021, observe une tendance inquiétante : certains enseignants guideraient trop les élèves dans le choix des notions à travailler pour le concours. « Par exemple, en cours, quand on étudie une fonction précise, certains professeurs insistent en disant qu’il faut absolument la maîtriser, car elle revient souvent au concours… Un peu comme s’ils faisaient une prédiction », explique-t-elle.

Cette approche, si elle se généralise, pourrait conduire à un appauvrissement de la formation mathématique des futurs enseignants. Il est crucial de trouver un équilibre entre l’excellence mathématique et les compétences pédagogiques pour assurer un enseignement de qualité dans les collèges et lycées français.

Vers un nouveau paradigme de l’enseignement mathématique

L’évolution du Capes de mathématiques reflète un changement plus large dans la conception de l’enseignement de cette discipline. Si les épreuves actuelles peuvent sembler moins ardues d’un point de vue purement mathématique, elles visent à former des enseignants plus aptes à transmettre leurs connaissances et à s’adapter aux besoins des élèves.

Néanmoins, il est essentiel de veiller à ce que cette transition ne se fasse pas au détriment d’une maîtrise solide des concepts mathématiques. L’enjeu pour l’Éducation nationale est de trouver le juste équilibre entre rigueur académique et compétences pédagogiques, afin de former des enseignants capables de relever les défis de l’éducation mathématique du XXIe siècle.

L’avenir de l’enseignement des mathématiques en France dépendra de la capacité du système éducatif à adapter continuellement ses méthodes de sélection et de formation des enseignants, tout en maintenant un niveau d’exigence élevé dans la maîtrise de la discipline.

 

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