De nombreux États américains ont légalisé la production et l’usage du cannabis. Mais quelques années après, le constat est accablant en ce qui concerne l’environnement. Le cannabis cultivé en intérieur, qui représente la majorité de la production, consomme plus d’énergie que n’importe quelle autre production agricole aux États-Unis.
Le Colorado a été le premier État américain à avoir autorisé le cannabis en 2012, malgré la controverse que cela a suscité à cette époque sur son impact sur la santé. Près de la moitié des États américains, 24 exactement, autorisent de nos jours l’usage récréatif du cannabiscannabis et 39 autorisent l’usage médical de celui-ci.
Des lampes 500 fois plus intenses que celles de nos habitations
La légalisation du cannabis, et sa popularité croissante sur le territoire américain, a littéralement fait exploser l’empreinte carbone du pays. La plante nécessite de la lumièrelumière artificielle et un contrôle constant de la température, de manière bien plus poussée que les autres productions agricoles qui poussent en intérieur. Même des États très ensoleillés, comme la Californie, préfèrent opter pour une production en entrepôt. La quantité de lumière utilisée pour quelques mètres carrés est la même que celle utilisée dans une chambre d’opération en milieu hospitalier, soit 500 fois plus intense qu’une lampe d’habitation classique. L’irrigation est également un problème, tout comme les produits utilisés pour limiter la moisissure des plantes, l’un des challenges majeurs auxquels sont confrontés les exploitants. La production de seulement 1,8 gramme de cannabis consomme autant d’électricité qu’un Américain moyen au cours d’une année entière, selon Oilprice.
Au total, la production de cannabis représente 1 % de la consommation électrique du pays chaque année, et celle-ci ne fait que progresser. Elle devrait atteindre 3 % d’ici 2035 selon le cabinet Pullman & Comley. La légalisation de son usage dans beaucoup d’États américains ces dernières années a aussi conduit des exploitants à raser des terres naturelles pour construire de gigantesques entrepôts.
La production de cannabis émet des quantités immenses de gaz à effet de serre
Faire pousser du cannabis dans un entrepôt demande 40 fois plus d’énergieénergie que de faire pousser des laitues par exemple. Un entrepôt classique exige en moyenne 2 000 wattswatts d’électricité par mètre carré pour obtenir du cannabis. D’une manière plus globale, un site de production de cannabis émet autant de gaz à effet de serre qu’un data center. En ce qui concerne le dioxyde de carbone, 900 grammes de cannabis émettent autant de CO2 qu’une voiturevoiture moyenne pendant un an.
Malgré cette consommation énergétiqueconsommation énergétique exceptionnelle décriée depuis une dizaine d’années, aucune action légale n’a été effectuée pour limiter l’immense quantité de gaz à effet de serre émise par la production de cannabis. Il existe des solutions pour réduire cet impact environnemental, comme l’utilisation de panneaux solaires, mais leur installation pour ce type d’agriculture est encore très réduite et représente un investissement important que beaucoup de cultivateurs ne sont pas encore prêts à faire. Pourtant, les entrepôts qui ont opté pour les panneaux photovoltaïques ont parfois réussi à faire baisser leur consommation d’électricité de moitié.