La Lune, aujourd’hui, est une destination privilégiée du programme spatial japonais. La mission Hakuto-R M2 Resilience est la troisième tentative d’alunissage en deux ans. L’atterrissage est prévu pour le 5 juin. Mais que va faire cette sonde sur la Lune ?
Le 25 avril 2023, la compagnie privée japonaise ispace tente son premier alunissage avec son nouvel atterrisseur Hakuto-R. Mais lors de la dernière phase de la descente, la communication s’arrête avec la sonde, qui finit par s’écraser à la surface. À bord se trouvait notamment le petit rover émirati Rashid, équipé de caméras françaises. La société japonaise n’en reste pas là et se lance immédiatement dans le développement de la mission suivante.
Après avoir décollé avec SpaceX en passager secondaire de la mission Blue Ghost, le « fantôme bleu » de Firefly Aerospace, la mission Hakuto-R M2, nommée aussi Resilience, doit se poser sur la Lune le 5 juin prochain dans la mer du Froid, à proximité du pôle Nord sélène, sur la face visible.
Une petite maison sur la Lune
Resilience est le même type d’atterrisseur que celui qui s’est crashé en 2023. La pression sur ispace est donc importante. La sonde pèse près de 340 kilos et emporte avec elle plusieurs charges utiles, dont un petit rover nommé Tenacious (Tenace) et développé par la filiale d’ispace, au Luxembourg.
Le rover doit montrer les capacités d’ispace à réaliser des manœuvres à la surface. Tenacious explorera la zone autour du site d’alunissage. Fait amusant, le rover emporte sur lui une petite œuvre d’art réalisée par Mikael Genberg, il s’agit d’une petite maison rouge qui sera déposée à la surface par le rover.
En plus du rover, Resilience héberge un instrument de mesure des radiations de l’Université de Taïwan, un dispositif qui tentera de faire de l’électrolyseélectrolyse de l’eau sur la Lune, ainsi qu’une expérience de production de nourriture. Ces deux dernières charges utiles sont fournies par des sociétés privées.
Dernier test avant des missions plus ambitieuses
La société ispace a été fondée pour héberger l’équipe Hakuto qui a tenté de participer au GoogleGoogle Lunar XPrize, une compétition internationale qui promettait 20 millions de dollars à l’équipe qui parviendrait à faire rouler un rover sur 500 mètres à la surface lunaire.
La compétition a été abandonnée il y a dix ans, mais ispace a persisté et s’est lancé dans le service de missions lunaires pour des agences spatiales, ou le privé.
Après Resilience, la prochaine mission d’ispace devrait être réalisée sur la face cachée, pour le compte du laboratoire américain Draper dans le cadre du programme d’exploration robotique CLPS (Commercial Lunar Payload Service) de la NasaNasa. Plus gros que Resilience, l’atterrisseur doit notamment emporter l’instrumentation française FSS pour détecter des séismesséismes sur la Lune.