Depuis les années 1960, la technologie des prothèses mammaires a beaucoup évolué. Un certain nombre de fabricants sont passés par des phases de scandale sanitaire, tel PIP, un fabricant français qui vendait un gelgel de silicone non médical, et plus récemment certaines prothèses anglo-saxonnes macro-texturées ont été à l’origine, semble-t-il, de lymphomes anaplasiques à grandes cellules. Malgré ces ventsvents contraires, l’augmentation mammaire la plus fréquemment réalisée reste l’apanage des prothèses à base de silicone dont la paroi renferme plusieurs couches de silicone et à l’intérieur, un gel de plus en plus cohésif. Une mise au point rassurante est donc nécessaire sur les actualités de ces très fréquentes opérations dans le monde.
Les implants mammaires en 2025
Il existe un certain nombre d’évolutions en matièrematière d’augmentation mammaire aussi bien dans un but esthétique que dans le cadre des reconstructions du sein après cancer.
1. La sécurité des implants mammaires en silicone a été extrêmement améliorée depuis 2010 par les progrès technologiques de la fabrication de ces implants dont la paroi est devenue plus épaisse. Elle doit être soit lisse, soit micro-texturée pour éviter les complications de type lymphome anaplasique à grandes cellules – une sorte de cancérisation locale qui peut apparaître autour des prothèses mammaires.
Toutefois, il ne faut pas s’en inquiéter, car les prothèses contemporaines sont élaborées pour diminuer ce risque au maximum. Un autre élément important est que le gel qui est contenu à l’intérieur des implants mammaires doit être plus cohésif, pour éviter l’usure intérieure de la prothèse par un gel qui serait trop huileux et liquideliquide.
2. La duréedurée de vie de ces implants dépasse actuellement largement les 10 années qui étaient recommandées auparavant, ce qui conduisait à un changement de prothèse quasi obligatoire. Nous suivons maintenant des patientes qui portent leurs prothèses depuis 15 à 25 ans, dont seulement moins de 2 % présentent des défauts que l’on peut constater par des examens de type IRM. Néanmoins, la surveillance de ces implants doit être faite au moins tous les deux ans par des mammographies et un examen clinique approfondi par le chirurgien responsable. La société française de chirurgiechirurgie plastiqueplastique reconstructrice et esthétique a imposé l’ouverture d’un registre national obligatoire des prothèses mammaires pour mieux cerner les complications et soucissoucis liés à la pose ou dépose des implants, en France tout du moins.
Certains fabricants proposent une garantie à vie des prothèses, participant financièrement aux frais liés à la nécessité d’un changement inopiné, mais cela peut être aussi un simple argument marketing.
3. Il y a des recherches scientifiques et pratiques qui sont effectuées par certains laboratoires innovants qui essaient de fabriquer des prothèses avec des matériaux autres que le gel de silicone ou en associant le gel de silicone à des substances permettant d’alléger le poids des prothèses. Certains placent même des puces de traçabilitétraçabilité dans leurs implants !
4. Les chirurgiens peuvent vous proposer deux types de prothèses de forme différentes : des prothèses anatomiques, qui à la longue deviennent en fait hémisphériques, et des prothèses hémisphériques ou en tiers de sphère plus ou moins projetées, qui seront adaptées à des cas particuliers.
5. En matière de réparation à la suite d’un cancer du sein ou surtout pour des motifs esthétiques, le positionnement qui est préféré actuellement est devant le muscle pectoral ou sous le fascia, s’il y en a un, car on évite ainsi la déformation appelée « la valse des prothèses » que l’on constatait quand la prothèse était en arrière du muscle pectoral, ce qui conduisait à l’ascension gênante de la prothèse au cours de la contraction du muscle pectoral.
6. Il existe aussi de toutes petites prothèses en gel de silicone pesant environ 120 grammes et que l’on peut implanterimplanter sous anesthésieanesthésie locale pure à l’aide d’un petit ballonnet de dilatationdilatation, cela permet de simplifier l’intervention, mais cela ne donne guère de volumevolume très satisfaisant.
7. Beaucoup de chirurgiens adoptent actuellement ce qui est appelé « une augmentation hybridehybride du sein » en ajoutant un lipofilling (c’est-à-dire à des greffesgreffes de sa propre de graisse) que l’on associe aux implants mammaires pour estomper les bords de ces prothèses – surtout chez les patientes qui n’ont pas du tout de graisse sous-cutanée au niveau du thoraxthorax. Cette technique a été mise au point par le docteur français Éric Auclair, récemment disparu.
8. Des études récentes montrent que néanmoins l’enveloppe de silicone peut libérer des petits fragments microscopiques, d’où la prudence nécessaire chez des patientes qui présentent des signes de maladie auto-immune.
9. La mode des très grosses prothèses semble être dépassée, du moins en Europe. Le volume le plus fréquent qui est implanté est de 300 centimètres cubes par côté, mais il faut s’adapter aux demandes particulières où parfois à la symétrisation nécessaire lorsque le sein sain est plus volumineux, notamment dans le cadre des reconstructions du sein après cancer.
Conclusion
En 2025, la technologie des prothèses mammaires en silicone reste prédominante, elle permet des augmentations mammaires fiables et durables, mais impose prudence et surveillance régulière. Certains fabricants proposent une garantie à vie des prothèses, mais cela peut être aussi un simple argument marketing !