L’annonce il y a quelques jours de la maladie dont souffre Laura Felpin a fait le tour de la toile. Mais au fait, c’est quoi cette maladie ? Et que sait-on de ses causes ?
Le 31 mars dernier, Laura Felpin, l’humoriste qui joue le rôle de Billie, la coloc impitoyable de Kyan Khojandi dans la série Bref. 2, révélait au GQ qu’elle souffrait d’un cancer de la thyroïde.
L’actrice avait été opérée en décembre d’un nodule au niveau de la thyroïde. Cette glande hormonale d’environ cinq centimètres, en forme de papillon, est située sous le larynx, à l’avant du cou. L’analyse a révélé que ce nodule était cancéreux, et que l’actrice allait devoir se faire retirer la glande, puis suivre un traitement hormonal substitutif à vie. Elle a révélé que c’est seulement à quelques heures de l’avant-première de la série, le 10 février 2025, que ce diagnostic est tombé.
La thyroïde, chef d’orchestre de l’organisme
La glande thyroïdienne sécrète des hormones qui régulent le fonctionnement d’un grand nombre d’organes. Elle intervient en régulant la température du corps, le métabolismemétabolisme des sucressucres, des graisses et des protéinesprotéines, la fréquence cardiaque, le rythme respiratoire…
Elle est parfois le siège de l’apparition de grosseurs appelées « nodules ». Ceux-ci sont le plus souvent bénins, mais dans de rares cas, les nodules peuvent évoluer sous la forme de nodules malins qu’il convient de retirer. La présence de nodules est parfois associée à un ralentissement du fonctionnement de la thyroïde avec pour conséquence de la fatigue, une prise de poids ou un ralentissement du rythme cardiaque.
« Je fais face à une forme d’épuisement. Je dois faire attention à moi. Ça déprime beaucoup d’être fatiguée », a confié Laura Felpin au journaliste de GQ lors de l’entretien.
C’est quoi ce cancer ?
Le cancer de la thyroïde est une affection rare qui touche surtout les femmes (3 cas sur 4). Il se manifeste généralement par la présence d’un nodule indolore qui est détecté lors d’une palpation du cou ou d’un examen d’imagerie. Ce nodule, qui peut augmenter de volumevolume, est parfois accompagné d’un goitregoitre, de troubles de la voix ou de difficultés à avaler ou respirer.
Il existe plusieurs types de cancer de la thyroïde, mais c’est la forme dite « papillaire » qui est la plus fréquente (80 % de l’ensemble des cas de cancer de la thyroïde). Elle ne conduit que très rarement à la formation de métastases et a un très bon pronosticpronostic.
« Je pense bien à ceux et celles qui se battent depuis toujours, car moi j’ai vraiment ce qu’on appelle un cancer pépouze, apparemment j’ai plus de chance de me faire percuter par un bus que de mourir de ça », s’est amusée Laura Felpin dans une story postée sur son compte InstagramInstagram. En effet, selon Santé publique France, le cancer de la thyroïde est associé à un taux de survie à cinq ans de 97 %.
Les rayonnements ionisants en cause
Même s’il ne représente que 2 % des cas de cancers diagnostiqués chaque année en France, le cancer de la thyroïde a beaucoup augmenté ces dernières décennies dans les pays occidentaux. Entre 1980 et 2005, en France, le nombre de cas chez les femmes est par exemple passé de 2,9 à 12,7 cas pour 100 000 (de 1 à 4,2 chez les hommes).
Comme pour tous les cancers, les causes sont multifactorielles – génétiquesgénétiques (prédispositionprédisposition familiale) et environnementales. Si un meilleur diagnostic explique une partie de l’augmentation du nombre de cas, la progression de cette maladie pourrait être liée à la multiplication de certains examens médicaux. On soupçonne en effet l’exposition médicale découlant d’examens d’imagerie (radiographieradiographie ou tomodensitométrietomodensitométrie) ou de traitements de radiothérapieradiothérapie, surtout durant l’enfance, d’augmenter le risque de développer un cancer de la thyroïde.
Les accidentsaccidents nucléaires, au cours desquels des particules radioactives sont rejetées dans l’atmosphèreatmosphère en émettant des rayonnements ionisants, augmentent également le risque, et ce d’autant plus fortement que l’on vit proche du site accidenté et que l’exposition a lieu à un âge précoce. Cependant, contrairement à ce qu’on entend parfois, l’accident de Tchernobyl ne serait pas en cause dans l’augmentation des cas observée en France. En revanche, en Polynésie française, 5 à 10 % des cancers de la thyroïde seraient liés aux essais nucléaires réalisés par la France entre 1960 et 1996.
Par ailleurs, la carencecarence en iodeiode – un oligo-élémentoligo-élément indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes – est associée à une augmentation de la fréquence des goitres qui sont un facteur de risquefacteur de risque de survenue d’un cancer de la thyroïde.