La chambre à coucher et son lit vont-ils devenir nos meilleurs ennemis ? Comment espérer s’endormir sereinement dans les bras de Morphée quand notre matelas est devenu le prolongement du bureau-cinéma-restaurant, avec en prime les dernières infos du soir à portée de clic… Rien d’étonnant alors à se retourner comme des crêpes sur sa couchette, car, comble du comble, l’hyperconnexion nous jouant des tours, la quête du sommeil parfait vire à l’obsession et nous tient éveillé !
Se tourner et retourner dans son lit, incapable de trouver le sommeil… Une situation que nous avons tous connue. Et si certaines de nos habitudes modernes étaient responsables de ce désastre nocturnenocturne ? À l’occasion de la Journée nationale du sommeil qui avait lieu vendredi dernier, faisons le point sur quatre d’entre elles.
Une surdose toxique de stress
La journée touche à sa fin, vous êtes enfin dans votre lit, et là… vous décidez de faire défiler les actus, une dernière fois sur votre smartphone. Conflits, crise économique, débats enflammés sur X… Alors que le cerveau est censé se préparer au repos, vous lui envoyez une cascade d’informations stressantes.
Au moment précis où votre corps devrait sécréter de la mélatonine, l’hormone du sommeil, il reçoit stress et excitation… Résultat ? Un endormissement laborieux et un sommeil fragmenté qui ne vous permettront pas de récupérer efficacement.
Le lit, où l’on fait tout sauf dormir
Connaissez-vous la clinophilie, surnommée bed rotting (littéralement « pourrissement au lit ») ? Cette tendance consiste à passer de longues heures dans son lit pour d’autres activités que le sommeil : travailler, manger, regarder des séries, naviguer sur internetinternet…
Si cette pratique peut sembler inoffensive, voire agréable, elle perturbe profondément l’association mentale entre votre lit et le sommeil. Votre cerveau, programmé pour associer des environnements à des activités spécifiques, finit par considérer votre lit comme un lieu d’éveil et d’activité et non de sommeil.
L’hyperconnexion, un frein à l’endormissement
« Un dernier épisode », « encore quelques minutes sur InstagramInstagram »… Ces promesses que nous nous faisons à nous-mêmes cachent l’un des plus grands perturbateurs de sommeil : l’hyperconnexion nocturne.
La lumière bleuelumière bleue émise par nos écrans freine la production de mélatonine, retardant naturellement l’endormissement. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Le contenu consommé stimule également notre cerveau : notifications, interactions sociales, contenus conçus pour capter notre attention… Tout maintient notre esprit en état d’hypervigilance.
L’orthosomnie, la quête du sommeil parfait
Ultime paradoxe de notre époque : l’orthosomnie, cette obsession maladive du sommeil parfait. Montres connectées, applicationsapplications de suivi, alarmes intelligentes… Ces outils censés améliorer notre repos peuvent devenir source d’anxiété supplémentaire.
La pressionpression de performer, même pendant notre sommeil, génère un stress contre-productif. Vérifier constamment ses statistiques de sommeil, s’inquiéter de ne pas atteindre le quota idéal de sommeil profondsommeil profond, se comparer aux normes théoriques… Toutes ces préoccupations créent une tension psychologique incompatible avec l’abandon nécessaire à l’endormissement.
L’ironie est cruelle : plus on cherche à contrôler son sommeil, plus celui-ci nous échappe.