Seulement quelques jours après la mission Blue Ghost, la société américaine Intuitive Machines s’apprête à poser son atterrisseur Athena sur la Lune le 6 mars. De la détection de ressources volatiles à l’observation d’une éclipse lunaire, sans oublier la mise en service du premier réseau 4G lunaire et d’étonnants rovers explorateurs, cette mission promet de révolutionner notre compréhension de l’environnement lunaire et d’ouvrir la voie à une exploration durable de notre satellite.
Après l’atterrissage réussi de la mission Blue Ghost de Firefly Aerospace, c’est au tour d’Intuitive Machines de se préparer à poser sur le sol lunaire sa mission Athena (IM-2). Cet alunissage est prévu le 6 mars, à 18 h 32 (heure de Paris), et l’événement sera à suivre en direct sur les réseaux sociauxréseaux sociaux d’Intuitive Machines et Nasa-TV.
Bien que la première mission ait laissé un sentiment mitigé, après son alunissage l’atterrisseur Odysseus avait basculé sur le côté, ce qui n’avait pas empêché la Nasa de qualifier la mission de succès, car l’atterrisseur avait tout de même survécu à son alunissage, Intuitive Machines s’est dite confiante pour le succès de sa deuxième mission.
En effet, bien que l’architecture de l’atterrisseur soit similaire à celle de la première mission, Athena intègre des améliorations significatives, notamment un système de lidar et un atterrissage autonome avancé alimenté par l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielleintelligence artificielle.
Athena atterrira dans la région de « Mons Mouton », située à environ 160 kilomètres du pôle sud de la Lune. Ce site, situé en altitude, sera le plus proche du pôle que toute autre mission lunaire précédente. Un rétro-réflecteur laser sera utilisé pour déterminer avec précision la position de l’atterrisseur depuis l’orbite.
Athena est configuré pour fonctionner pendant approximativement dix jours, lorsque l’ensoleillement sera permanent, avant que le Soleil ne se couche sur le pôle sud lunaire. Cet atterrisseur n’a pas été dimensionné et conçu pour survivre à la nuit lunaire qui dure environ 14 jours terrestres. Il pèse 2 tonnes avec ses ergolsergols et mesure à peu près 4 mètres et large de 2,40. Il est capable de déposer 100 kgkg de charge utile à la surface de la LuneLune à l’aide d’ingénieux mécanismes qui seront utilisés pour la première fois sur la Lune.
Le saviez-vous ?
D’un point de vue scientifique, l’objectif principal des missions du programme CLPS est la prospection des ressources – en particulier celles du pôle sud – et le test de différentes technologies d’Isru (In-Situ Resource Utilization). À ce jour, la Nasa a signé plus d’une dizaine de contrats CLPS, dont plus de la moitié sont à destination du pôle sud.
Découvrir de l’eau et du dioxyde de carbone
Cette deuxième mission, réalisée dans le cadre d’un contrat CLPS de la Nasa, a pour objectifs principaux le déploiement de la foreuse Trident de la Nasa et du spectromètrespectromètre de massemasse MSolo, qui permettront de sonder jusqu’à un mètre sous la surface lunaire afin de détecter des substances volatiles essentielles comme l’eau et le CO₂. De plus, le Micro NovaNova Hopper d’Intuitive Machines, nommé Grace, introduit de nouvelles capacités de mobilité. Ce mini-véhicule peut se déplacer jusqu’à deux kilomètres de l’atterrisseur pour capturer des images détaillées et explorer les cratères environnants. La mission déploiera également le roverrover Lunar Outpost MAPP, le Micro Nova Hopper Grace.
Des bonds sur la Lune et un dernier saut pour atterrir au fond d’un cratère
Grace est un drone propulsif conçu pour sauter sur la surface de la Lune. Il effectuera un total de cinq sauts, chacun avec une altitude différente. En utilisant ses propulseurspropulseurs, Grace s’élèvera à travers la surface lunaire, progressivement à chaque bond, jusqu’à ce qu’il atteigne 100 mètres au troisième saut. De là, le robotrobot rebondissant sautera dans un cratère ombragé en permanence. Ce cratère qui mesure environ 20 mètres de profondeur se trouve à environ 500 mètres du site d’atterrissage d’Athena.
Cette mission testera le réseau 4G/LTE de Nokia qui sera utilisé pour assurer une connectivité entre Athena et les différents rovers de la mission, cela permettra à ces petits engins lunaires de relayer leurs données vers Athena qui ensuite les enverra sur Terre. Dans le cadre de cette expérience inédite, un rover équipé du système de communication de surface lunaire de Nokia testera également des solutions de communication à haut débitdébit et à longue portée adaptées aux futures missions spatiales.
Enfin, lors de sa mission sur la Lune, Athena aura l’opportunité d’observer une éclipse lunaireéclipse lunaire le 14 mars, lorsque la Lune passera dans l’ombre de la Terre. Ce ne sera pas la première fois qu’une éclipse est observée depuis la Lune, l’atterrisseur Surveyor 3 l’ayant déjà fait en 1967.