Un astéroïde de 500 mètres en approche ? Des scientifiques prennent les devants et révèlent ce qu’il se passerait sur Terre

paultensor
Lecture en 6 min
À propos des liens affiliés : Sur ce site, certains liens sont affiliés. Cela signifie que si vous cliquez et effectuez un achat, je peux recevoir une petite commission, sans frais supplémentaires pour vous. Je m’engage à recommander uniquement des produits et services que j’ai testés ou qui reflètent des standards de qualité élevés. Ces contributions me permettent de maintenir ce site et de continuer à partager du contenu qui vous est utile. Merci pour votre confiance et votre soutien !

Les chutes d’astéroïdes de taille moyenne, soit environ 500 mètres de diamètre, sont relativement fréquentes dans l’histoire de la Terre. Si actuellement aucun ne nous menace directement, des chercheurs ont toutefois voulu savoir quelles seraient les conséquences sur le climat et les écosystèmes d’un tel impact. Et certains résultats sont plutôt surprenants !

L’histoire de la Terre est ponctuée d’impacts d’astéroïdes plus ou moins importants et dévastateurs. Si nous avons tous en tête la chute de l’astéroïde du ChicxulubChicxulub qui mit un terme au règne des dinosaures il y a 65 millions d’années, cet impacteur n’est pas le seul à avoir perturbé l’environnement terrestre… et ne sera pas le dernier. Nombreux sont en effet les astéroïdes à transiter à proximité de la Terre, et il n’est pas impossible que l’un deux impacte notre Planète dans le futur.

Pour parer à cette éventualité, tous les objets « géocroiseurs » sont ainsi surveillés de près par les astrophysiciensastrophysiciens. Leur trajectoire est calculée afin d’estimer le risque que leur course rencontre celle de notre Planète. C’est ainsi que l’astéroïde Bennu a été identifié comme un « potentiel impacteur ». Qu’on se rassure, pour l’instant le risque que cet astéroïde de 500 mètres de diamètre entre en collision avec la Terre à l’horizon 2182 n’est que de 0,037 %. Cela laisse une bonne marge de sécurité. Mais, mieux vaut prévenir que guérir. C’est pourquoi la Nasa a mené il y a quelques années une mission test appelée Dart (pour Double Asteroid Redirection Test), visant à dévier la course d’un astéroïde grâce à l’impact d’un petit engin spatial à sa surface. Les résultats, probants, montrent que cette technique pourrait être utilisée si une véritable menace pointait son neznez. À condition qu’elle soit détectée suffisamment tôt.

Un hiver volcanique faisant chuter la photosynthèse de 30 %

Tout est donc mis en œuvre pour qu’une collision avec un astéroïde de grande taille soit évitée. Mais des chercheurs se sont posé la question de savoir quelles seraient les conséquences, notamment sur le climatclimat mondial et les écosystèmesécosystèmes, si un impact avec un astéroïde de taille moyenne tel que Bennu avait lieu.

Grâce à des simulations numériquessimulations numériques, les scientifiques montrent ainsi que ce serait plus de 400 millions de tonnes de poussière qui seraient injectées dans la stratosphèrestratosphère. Une quantité significative qui impliquerait une perturbation climatique globale et majeure dans les trois à quatre ans suivant l’impact. Les résultats, publiés dans la revue Science Advances, suggèrent ainsi que la diminution de l’ensoleillement liée à la présence de poussière dans l’atmosphèreatmosphère entraînerait un « hiverhiver d’impact », c’est-à-dire une chute globale de la température de surface de plus de 4 °C. Le régime des pluies serait également affecté, avec une baisse de 15 % des précipitationsprécipitations sur l’ensemble du globe, et une réduction de la couche d’ozonecouche d’ozone significative, de 32 %.

Ces nouvelles conditions climatiques seraient nettement défavorables aux plantes, entraînant une réduction de la photosynthèse de 20 à 30 %, que ce soit dans les écosystèmes terrestres ou marins. Un tel effondrementeffondrement du monde végétal serait dramatique pour les animaux… et les humains. « Cela causerait certainement une rupture massive de la sécurité alimentaire mondiale », explique dans un communiqué Lan Dai, auteur principal de l’étude et chercheur à l’IBS Center for Climate Physics, à l’université nationale de Pusan (Corée du Sud).

Le plancton tirerait finalement parti de l’impact

Toute la vie terrestre ne serait cependant pas affectée de la même manière, certaines espècesespèces semblant pouvoir mieux supporter ce bouleversement environnemental, voire en tirer profit. Les chercheurs ont ainsi été surpris de voir que dans leurs simulations, la population de plancton retrouverait son état initial en seulement six mois, profitant même de l’occasion pour booster sa productivité. En cause, la fertilisation de l’océan en ferfer, suite aux retombées des poussières. En fonction du lieu de l’impact et de la composition même de l’astéroïde, l’océan pourrait ainsi être nettement enrichi en ce nutrimentnutriment, provoquant ce que l’on appelle un bloombloom (un développement rapide de la massemasse planctonique). Or, une telle prolifération planctonique aurait un impact positif sur le reste de la biosphèrebiosphère, aidant certainement à minimiser les conséquences néfastes de l’impact sur le long terme.

Bien qu’ayant un effet immédiat dramatique, la chute d’un astéroïde de la taille de Bennu pourrait ne perturber l’environnement terrestre que sur une période relativement courte, grâce notamment à la résiliencerésilience rapide des écosystèmes marins. Les chercheurs rappellent d’ailleurs que de tels impacts se produisent en moyenne tous les 100 000 à 200 000 ans. Ce qui signifie que nos ancêtres de la lignée humaine ont certainement déjà eu à faire face à ce type d’événement. La question que se posent désormais les scientifiques est d’ailleurs de savoir comment répondraient les populations humaines actuelles à une catastrophe de ce genre.

Partager cet article