Hawaï et l’Islande, deux tests grandeur nature pour la prédiction volcanique

paultensor
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Les différents instruments utilisés pour la surveillance volcanique permettent de définir une probabilité d’éruption sur laquelle se basent les autorités pour évacuer la population si besoin. De nombreux paramètres restent néanmoins impossibles à définir précisément à l’avance, comme l’intensité de l’éruption, la durée ou même la localisation dans certains cas. Deux situations actuelles sont toutefois particulièrement intéressantes concernant ce sujet : en Islande, on s’attend à une nouvelle éruption dans les prochains jours alors qu’à Hawaï, la surveillance ultra-précise lors des pauses que fait l’éruption permet d’estimer le moment du retour d’activité, avec une certaine justesse.

Le Kilauea, à Hawaï, est en éruption depuis le 23 décembre 2024, à l’intérieur de la caldeira sommitale. L’activité est intermittente, avec des épisodes éruptifséruptifs assez courts en général, de 14 heures à 8 jours, pour des pauses de 24 heures à 12 jours. Durant ces dernières, la lueur et le flux de gazgaz au niveau des deux évents indiquent que le magma n’est pas très loin de la surface, à l’intérieur des conduits de l’éruption.

De leur côté, les GPSGPS ultraprécis indiquent un léger gonflement des bords de la caldeiracaldeira, révélant une mise en pressionpression du réservoir magmatique. Les volcanologuesvolcanologues locaux ont estimé qu’il faut une variation d’angle de 2 à 10 microradians pour que l’activité revienne, ce qui prend entre un et quinze jours, selon le média Volcano Watch. C’est ainsi que le 16 février, l’observatoire volcanologique local indiquait qu’un nouvel épisode « devrait probablement commencer dans les quatre prochains jours ». Le dixième épisode éruptif de cette éruption débuta le 19 février à 20 h 22, rappelle l’observatoire des volcans hawaïens de l’USGS !

Fontaines de lave d’une centaine de mètres durant le dixième épisode éruptif du Kilauea, dans la nuit du 19 au 20 février 2025. Quel spectacle !  

En Islande, une onzième éruption attendue !

Sur la péninsule islandaise de Reykjanes, le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi a repris vers la fin du mois de novembre, avant même la fin de l’éruption du 20 novembre 2024, indiquant un afflux de magma dans le réservoir magmatique avec un débitdébit supérieur à celui de l’éruption. Le processus magmatique est désormais bien connu dans ce secteur : l’alimentation du réservoir est supposée continue et lorsqu’il est plein, une éruption se produit. Les sept éruptions depuis un peu plus d’un an ont toutes suivies ce mécanisme.

Il faut donc attendre que le réservoir magmatique se remplisse à nouveau avant la prochaine éruption… L’organisme en charge de la surveillance communiquait ainsi dès le début du mois de février que la quantité accumulée dans le réservoir était équivalente à celle avant la dernière éruption et donc que la prochaine était fortement probable dans les quatre jours à quatre semaines. C’est imprécis, certes, mais cela a permis aux autorités de mettre à jour la carte de risque du secteur, puisque l’on s’attend à une éruption dans le même secteur que les précédentes et avec une phénoménologie équivalente.

Les scientifiques islandais se basent aussi sur la sismicité indiquant une certaine tension du secteur avant les éruptions. Celle-ci s’accentue progressivement depuis fin janvier, bien qu’elle reste assez modeste… Tous les signaux sont au vert : on attend donc désormais la remontée du magma, ce qui devrait être annoncé par une brusque augmentation de la pression dans les forages de la centrale géothermique de Svartsengi, une crise sismique et une forte déformation du sol révélée par un câble à fibre optiquefibre optique et les GPS du secteur. À suivre !  

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