une souris tente de réanimer une copine inconsciente

paultensor
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Mettre en œuvre des gestes destinés à venir en aide à un congénère inconscient : vous pensez que ce n’est réservé qu’aux êtres humains ? Les chercheurs le pensaient aussi. Mais des expériences menées par trois équipes distinctes montrent aujourd’hui le contraire.

Imaginez un instant. Vous entrez dans une pièce et vous découvrez une personne inconsciente au sol. Que faites-vous ? Peut-être avez-vous suivi une formation de citoyen sauveteur [si ce n’est pas le cas, pensez-y…]. Alors, vous saurez exactement quelle attitude adopter face à l’urgence. Mais votre instinct pourrait aussi vous pousser à prodiguer des gestes de premiers secours salvateurs. Parce que, nous, les humains, avons développé un comportement que les scientifiques qualifient de « prosocial ». Nous nous soucions généralement des autres.

Et aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Californie du Sud (USC, États-Unis) nous font, à ce sujet, une révélation incroyable et pourtant vraie. Comme c’est le cas chez les humains, lorsqu’une souris découvre une autre souris inconsciente, elle tente de lui venir en aide. De la ranimer. Une preuve que ce comportement pourrait être plus répandu dans le règne animal que le pensaient jusqu’ici les scientifiques.

Les souris, formées aux premiers secours ?

Notez que ce type de comportement prosocial a déjà été observé – en de rares occasions, toutefois – chez quelques grands mammifères. Des chimpanzés qui lèchent les blessures de leurs copains blessés. Ou des dauphins qui poussent l’un des membres du groupe vers la surface pour lui permettre de respirer. Des éléphants, aussi, qui soutiennent leurs malades. Mais, jusqu’à très récemment – parce que deux autres équipes ont fait la même observation en moins d’un mois -, jamais une souris n’avait encore été vue en train de prodiguer des soins d’urgence à une copine.

C’est en filmant des souris de laboratoire que les chercheurs ont assisté à la scène. Médusés. Ils racontent, dans la revue Science, qu’une souris placée en présence d’un congénère inconscient commence par le renifler. Puis, elle le lèche. Et enfin, elle entre dans une phase d’interaction physiquephysique intense. Qui va jusqu’à ouvrir la gueule de la souris en difficulté et lui tirer la langue. Comme si elle ambitionnait de dégager ainsi ses voies respiratoires !

Premiers secours, des gestes innés

Toutes les souris ne s’activent pas ainsi autour de l’une des leurs en difficulté. Mais tout de même une sur deux. Et lorsque les souris découvrent un objet (placé par les chercheurs) dans la gueule de leur copine inconsciente, 80 % d’entre elles le retirent. Elles continuent par ailleurs à s’occuper de la souris inanimée jusqu’à ce qu’elle ait récupéré. Et ça fonctionne. Car les chercheurs rapportent que les souris qui ont été soignées par une congénère recommencent à marcher plus vite que les autres. Ils notent aussi que les souris soignantes passent plus de temps au chevet de souris qui font partie de leur quotidien qu’au chevet d’inconnues.

Attention toutefois à ne pas se laisser aller à l’anthropomorphisation, préviennent les chercheurs. Ce qu’ils peuvent en dire, d’un point de vue strictement scientifique, c’est que ces comportements sont provoqués par des neuronesneurones qui libèrent de l’ocytocineocytocine dans les régions de l’amygdale et de l’hypothalamushypothalamus du cerveaucerveau des souris. Une hormone impliquée dans d’autres comportements de soins chez un large éventail d’espèces vertébrées.

Pour ce qui est des hypothèses formulées sur la base de ces observations, les chercheurs avancent que ce comportement semble plus inné qu’acquis. Un comportement très instinctif qui jouerait un rôle dans l’amélioration de la cohésion et de la duréedurée de vie du groupe. Et qui pourrait donc être bien plus largement présent chez les animaux sociaux que ce qu’il nous a pour l’heure été donné de voir.

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