Il y a cinq ans, des astronomes ont découvert un signal TV qui provenait de l’espace. Après de longues investigations, ils ont enfin réussi à identifier sa source.
Dans les vastes étendues de l’ouest australien se trouve un radiotélescope basses fréquences géant, surnommé Murchison-Widefield Array (MWA). Alors qu’ils cherchaient à capter des signaux provenant des confins de l’Univers grâce au MWA, des astronomesastronomes ont fait une découverte des plus inattendues : un signal vidéo.
Ce n’est pas le genre de signal qu’un astronome s’attend à trouver, surtout dans une zone régulée où les équipements de radiocommunication au sol sont strictement limités pour minimiser les interférences.
Another amazing discovery by an SKA precursor telescope. This time, a team led by @ICRAR-Curtin astronomers used the Murchison Widefield Array to discover a strange spinning object that released giant bursts of energy every 18 minutes. Very cool. ????https://t.co/o57RVPIRKg pic.twitter.com/DoLnEUw45s
— SKA Australia (@SKA_Australia) January 27, 2022
Les signaux mystérieux enfin décodés
Intrigués, les astronomes se sont mis à enquêter… « Nous avons soudain compris », raconte Jonathan Pober, physicienphysicien à l’université Brown et responsable de la recherche américaine pour le projet Murchison-Widefield Array. Depuis près de cinq ans, ils observaient ces signaux, et plusieurs personnes leur avaient suggéré qu’il pourrait s’agir d’avions réfléchissant des émissions de télévision.
Ils ont alors mené une étude préliminaire à partir de l’observation de deux minutes réalisée avec le MWA. Après avoir ajusté les données pour mieux visualiser l’objet, ils ont estimé qu’il se trouvait à environ 11,7 kilomètres d’altitude et se déplaçait à une vitessevitesse de 792 km/h. Ils ont alors pu conclure qu’il s’agissait bien d’un avion, comme ils l’expliquent dans leur article publié dans la revue Publications of the Astronomical Society of Australia.
Une enquête de 5 ans… qui a permis de développer un outil précieux !
Accompagné de Jade Ducharme, étudiante en doctorat à Brown, Jonathan Pober a non seulement confirmé l’hypothèse de l’avion, mais également fourni aux astronomes une nouvelle méthode pour identifier et filtrer les radiofréquences parasitesparasites. Cette nouvelle méthode, qu’ils ont développée en combinant deux techniques de suivi existantes, promet de changer la manière dont les astronomes gèrent les interférences radio.
Traditionnellement, les données contaminées par ces interférences étaient rejetées, ce qui entraînait une grande perte d’informations. Cependant, avec cette approche, il devient possible de localiser et de supprimer spécifiquement les sources d’interférences sans perdre des données précieuses. À l’avenir, les chercheurs espèrent pouvoir appliquer cette méthode pour filtrer aussi les interférences provenant de satellites, dont le nombre croît rapidement et menace de perturber les recherches astronomiques.
There are over 6,000 Starlink satellites orbiting the Earth ???? pic.twitter.com/nGsG2c9vdG
— Latest in space (@latestinspace) May 23, 2024
Grâce à leur méthode, ils ont d’ailleurs pu identifier la fréquence de diffusiondiffusion du signal, qui était une chaîne de télévision australienne connue sous le nom de Seven Network, ou Channel Seven.