Vous souffrez de troubles du sommeil ? Le problème vient peut-être de votre microbiote

paultensor
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Les troubles du sommeil et l’insomnie pourraient trouver leur origine au cœur de vos intestins. Des chercheurs viennent de mettre en évidence qu’un déficit en certaines bactéries de la flore pourrait avoir des conséquences sur le fonctionnement d’une zone du cerveau impliquée dans l’endormissement.

Prendre soin des bactéries de son microbiote, en consommant des aliments riches en fibres et en prenant des compléments de bactéries vivantes (probiotiques), fera-t-il un jour partie des solutions naturelles pour lutter contre les troubles du sommeil ? C’est bien possible à en croire une étude menée par des chercheurs de Beijing (Chine) et dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature.

C’est en observant que les souris ayant un intestin « germ free » (artificiellement exempte de micro-organismes) avaient un sommeil complètement perturbé, que les auteurs de cette étude se sont interrogés sur le rôle de la flore intestinale, le fameux « microbiote ».

Ils ont décidé de comparer le microbiote intestinal de bons dormeurs à celui de personnes souffrant d’insomniesinsomnies. Grâce à des outils de génomiquegénomique, ils ont procédé à l’analyse fine de l’ensemble des souches bactériennes présentes dans leurs intestins. Résultat : les personnes insomniaques présentent un déséquilibre très net de leur microbiote, appelé dysbiose. Celui-ci est accompagné d’un déficit marqué en bactéries sécrétant un métabolitemétabolite appelé « butyrate ».

Plusieurs études ont montré que le butyrate est capable de passer dans le sang et d’agir sur une zone du cerveaucerveau impliquée dans le sommeilsommeil : l’hypothalamushypothalamus latéral. En modifiant l’activité des neuronesneurones de l’hypothalamus, le butyrate favorise ainsi l’endormissement.

Afin de prouver que les problèmes de sommeil provenaient bien de leur microbiote, les chercheurs ont transplanté des échantillons de selles de personnes insomniaques à des souris en bonne santé et sans problèmes de sommeil. Résultat : les rongeursrongeurs qui avaient bénéficié de la transplantation fécale ont développé le même type de troubles du sommeiltroubles du sommeil que les donneurs.

Quand les scientifiques ont administré du butyrate aux souris devenues insomniaques, celles-ci ont retrouvé un sommeil de bébé.

Une illustration de l’importance de l’axe cerveau-intestin

Ces résultats sont une confirmation que le sommeil dépend de la santé du microbiote intestinal. En 2019, des chercheurs de l’Université de Washington avaient prouvé que le butyrate pouvait déclencher le sommeil en se fixant sur des récepteurs situés dans la paroi du foiefoie ou de la veine porteporte. En 2020, une étude avait démontré que la sévérité des problèmes de sommeil était liée à la présence ou l’absence de certaines souches bactériennes intestinales, et à l’inflammationinflammation – très fréquente chez les insomniaques – engendrée par la dysbiose.

Ce lien entre le déséquilibre du microbiote et les problèmes de sommeil est une parfaite illustration de l’axe intestin-cerveau. Celui-ci permet aux micro-organismes du tube digestiftube digestif de communiquer avec les neurones et serait impliqué dans des maladies et des troubles aussi divers que l’autismeautisme, la maladie de Parkinson, l’anxiété ou la dépression.

En pratique

Alors avant de vous jeter sur des somnifèressomnifères, vous pouvez tenter d’améliorer la production de butyrate des bactéries de votre intestin en leur apportant les fibres dont elles ont besoin pour le produire. Celles qui sont issues des flocons d’avoineavoine, des artichautsartichauts, des aspergesasperges, des poireaux, des oignonsoignons ou de l’ailail cru sont celles que ces bactéries bénéfiques aiment le plus fermenter.

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