pourquoi le tourisme d’hiver doit absolument changer

paultensor
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Nos montagnes françaises sont fortement dégradées, par l’urbanisation et les activités humaines d’un côté, et par les conséquences du réchauffement climatique d’un autre côté. Le tourisme d’hiver à la montagne est une catastrophe écologique et notre rapport à la montagne doit changer, estime l’association Mountain Wilderness France.

Faire cohabiter « la montagne sauvage et la montagne à vivre », tel est l’objectif de l’association Mountain Wilderness France. « La neige naturelle qui émerveille petits et grands, et fait vivre économiquement une partie de nos territoires, devient désormais rare en moyenne altitude. Quelques dixièmes de degrés de plus, liés à nos émissionsémissions de CO2, et la magie de la neige se transforme en pluie. Les éboulements se multiplient, impactant la haute montagne et les vallées, coupant routes et voies ferrées », déplore Fiona Mille, la présidente de l’association. Les Alpes sont considérées comme le massif montagneux le plus dégradé et menacé au monde.

Arthur Auboeuf, cofondateur de Team for the Planet !, un mouvementmouvement citoyen qui rassemble un milliard d’euros pour déployer 100 innovations luttant contre le réchauffement climatique à l’échelle mondiale, regrette également ce développement anarchique du tourisme d’hiver : « On fait venir de plus en plus de skieurs de l’autre bout du monde (pour s’assurer une clientèle très aisée), dont le bilan carbone est désastreux. On utilise de l’énergieénergie, et des ressources en eau cruciales, pour produire toujours plus de neige de culture. Les canons à neige sont désormais le premier post de consommation d’énergie dans de nombreuses stations. On s’entête à construire de nouvelles infrastructures toujours plus hautes, pour gagner quelques années… en empiétant souvent sur des espaces sauvages, particulièrement vulnérables ».

Des Jeux olympiques d’hiver figés dans le passé

Pour l’association Mountain Wilderness, les Jeux olympiques d’hiver prévus en France en 2030 sont « figés dans le passé ». « Plus qu’un événement sportif, ces Jeux reflètent une vision ancrée dans l’ère de l’or blanc » :  en plus « des émissions de gaz à effet de serre liés aux déplacements internationaux, à l’artificialisation des sols et impacts sur la biodiversitébiodiversité des nouvelles infrastructures d’hébergement créés, les cahiers des charges du Comité International Olympique (CIO) est le reflet de pratiques sportives de haut niveau devenues hors-sol, déconnectées du milieu montagnard. En 2030, devons-nous faire rêver de montagne dans un décor où la neige sera réglementairement 100% artificielle ? » Dans les Pyrénées-Orientales, à Font-Romeu, par exemple, 80 % du domaine skiable est couvert de canons, précise l’association.

Il faut réinventer notre rapport à la montagne

« Le ski gardera une place, mais nos montagnes ont bien d’autres richesses à valoriser et faire découvrir. Les stations de montagne de demain pourraient devenir des portesportes d’entrée vers ces espaces préservés, jouant un rôle de lien entre vallées et sommets dans un projet territorial partagé. Elles permettraient de découvrir la montagne sous toutes ses facettes : nature, sport, culture, artisanat, gastronomie… Les grands immeubles, souvent inoccupés, pourraient devenir des centres d’accueil et de découverte de la montagne, offrant des activités variées comme l’observation de la faunefaune, les sports de plein airair, les bivouacs étoilés ou les classes en extérieur », propose la présidente de l’association.

Le collectif Mountain Wilderness France a donc lancé une vaste consultation publique sur notre rapport à la montagne. L’idée est de donner la parole aux citoyens pour avoir leur ressenti sur le sujet, mais aussi recueillir leurs propositions sur le futur de la montagne et ensuite influencer les politiques. Quelque 150 000 français ont déjà participé par le biais de ce formulaire en ligne.

 

 

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