L’Agence spatiale européenne a annoncé que John McFall, son astronaute de réserve en situation de handicap, a été certifié pour effectuer des missions de longue durée dans l’espace. Cette annonce marque une avancée significative et symbolique dans l’histoire de l’exploration spatiale, ouvrant la voie à une plus grande inclusivité dans ce domaine.
Il y a quelques jours, l’Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (ESA) a présenté les résultats de l’étude Fly!, destinée à rendre les missions spatiales accessibles à tous, y compris aux personnes en situation de handicap. Il en ressort que John McFall, astronaute de réserve en situation de handicap de l’ESA, a été certifié pour des missions de longue durée. C’est-à-dire, qu’il est apte physiquement à voler à bord de véhicules spatiaux et à vivre et travailler à bord de complexes orbitaux, dont bien évidemment la Station spatiale internationale.
“L’espace n’est pas réservé à un seul type de personnes, il peut être exploré par une diversité d’individus”
Cela constitue une évolution majeure, car l’exploration spatiale a longtemps été perçue comme un domaine réservé aux individus sans handicap physique. L’ESA envoie donc un message fort que l’espace n’est pas réservé à un seul type de personnes, il peut être exploré par une diversité d’individus.
Certifié pour des missions de longue durée
John McFall, ancien athlète paralympique et chirurgien orthopédique britannique, a été recruté en novembre 2022 par l’ESA en tant qu’astronaute de réserve. Il devient donc le premier astronaute en situation de handicap physique à être médicalement certifié pour effectuer un séjour de longue durée à bord de la Station spatiale internationale. McFall a perdu une jambe à l’âge de 19 ans, à la suite d’un accidentaccident de motomoto. Il a aujourd’hui 43 ans. Il a eu l’honneur de porter le drapeau olympique lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Paris de 2024.
Depuis sa sélection, le Britannique n’a pas chômé. Sachant que les membres inférieurs sont moins nécessaires en microgravité, John McFall a travaillé avec des chercheurs et des ingénieurs de l’Agence spatiale européenne pour démontrer qu’il était possible que des astronautes en situation d’handicap, mais forcément pas tous les handicaps, puissent réaliser des missions spatiales. Il a pour cela évalué les efforts à faire dans les domaines de l’ingénierie et technique pour adapter les véhicules spatiaux et les équipements utilisés dans les vols habitésvols habités à des personnes souffrant de certains handicaps.
La certificationcertification de McFall pourrait également ouvrir la voie à d’autres candidats en situation de handicap, ainsi qu’à une réflexion sur les ajustements possibles dans la formation et les missions spatiales. Cela pourrait également encourager d’autres agences spatiales à envisager des programmes similaires. Mais surtout, cette annonce marque un tournant dans l’exploration spatiale et dans la perception des capacités des individus en situation de handicap.
Enfin, pour Daniel Neuenschwander, directeur de l’exploration humaine et robotique à l’ESA, il s’agit d’un message fort de la part de l’agence, au moment où aux États-Unis les programmes gouvernementaux de diversité, équité et inclusion sont stoppés : « c’est une avancée majeure pour l’inclusivité dans l’espace dans un contexte où les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion sont souvent remis en question ».