Elles sont petites, dodues et paraissent insignifiantes à se dandiner en file indienne, surtout si vous ne savez pas encore à quel point leurs poils sont urticants. Les chenilles processionnaires sont de retour et plus tôt que d’habitude. Une nouvelle, loin d’être réjouissante !
En France, il existe deux espèces de chenilles processionnaires pouvant impacter la santé humaine : celle du pin nommée Thaumetopoea pytiocampa et celle du chêne, la Thaumetopoea processionea.
Une sortie un mois avant la date
Elles occupaient jadis les régions méditerranéennes, mais depuis quelques années, elles prolifèrent un peu partout en France sous l’effet du changement climatique. Nos hivers étant doux, les chenilles processionnaires ont ainsi peu à peu colonisé toutes les régions de France, comme l’atteste l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (AnsesAnses). Depuis avril 2022, elles font partie de la liste des espèces nuisibles à la santé humaine définie par le code de la santé publique.
Si le problème de ces larves de papillons de nuitpapillons de nuit concerne leur prolifération, ce n’est pas le seul, leur période de sortie, plus avancée que les autres années en constitue un second. Celles qui d’habitude formaient une file indienne début mars, sortent désormais prématurément dès le début du mois février, un point qui se vérifie cette année !
Là où le froid pouvait auparavant atténuer leur développement, ce dernier n’est plus ralenti par les températures hivernales, plus douces, favorisant leur descente précoce des arbresarbres. Dans les régions touchées, les campagnes de désinfection se multiplient, même si, comme le précise l’Anses, s’« il n’est pas possible d’éradiquer ces deux espèces, il convient de les gérer au mieux ! ».
Se protéger et se débarrasser des chenilles processionnaires
Le danger se loge dans le million de poils urticantsurticants que les chenilles processionnaires possèdent. Si elles se sentent menacées, ils se détachent et peuvent parfois être transportés par le ventvent, atteignant tout de même leur « cible » avec la thaumétopoéine, protéineprotéine toxique et irritante, qu’ils contiennent. Si les cas recensés restent majoritairement bénins, les poils peuvent, dans les situations les plus graves, entraîner des complications notamment au niveau respiratoire ou provoquer des lésions de la cornée, entre autres. Il est donc essentiel de ne pas toucher ni de s’approcher des chenilles processionnaires et de leurs nids.
N’hésitez pas à sensibiliser les plus jeunes sur les risques encourus, invitez-les à jouer hors d’une zone infestée. Matthieu, victime de ces nuisibles, témoigne : « Je ne connaissais pas l’existence de cette espèce et, plus jeune, j’ai joué à proximité de pins envahis de chenilles processionnaires. Mes mains ont été rapidement couvertes de boutons et les plaques se sont ensuite propagées sur mon visage. C’était l’enfer ! Cela a duré quelques jours, mais dans mon souvenir, c’était infini. »
Si vous remarquez des nids sur un de vos pins ou chênes, certains professionnels peuvent vous aider à vous débarrasser des chenilles processionnaires, c’est d’ailleurs grandement recommandé par l’Anses. Si vous vous promenez à proximité d’une zone forestière potentiellement infestée de chenilles, munissez-vous de vêtements couvrant la totalité de votre corps, et éventuellement de gants, de chaussures hautes, sans omettre un masque de protection pour votre visage au besoin. Il est ensuite essentiel de bien vous laver et de nettoyer votre équipement.
De plus, des pièges spécifiques sous la forme de sacs peuvent être installés sur les arbres pour stopper la descente des chenilles. L’intervention d’un professionnel est, encore une fois, recommandée. Vous pouvez également positionner des cabanes à oiseaux pour attirer les mésanges, friandes de cette espèce.
Ultime conseil : même mortes, les poils urticants des chenilles processionnaires peuvent continuer d’irriter, la prudence est donc de mise !