Depuis le 7 juillet 2024, le projet de mine de lithium porté par Imerys dans l’Allier, l’un des plus ambitieux d’Europe, a été classé « projet d’intérêt national majeur », relançant le débat sur l’extraction de ressources en France. Devenu indispensable à la production de batteries pour les voitures électriques, notamment avec l’interdiction programmée des véhicules thermiques en 2035 au sein de l’Union européenne, le lithium s’impose comme une ressource éminemment stratégique. Extraire cette matière première en France permettrait de limiter la forte dépendance actuelle à la Chine et de renforcer la souveraineté industrielle européenne. Laissant la France face à un dilemme : renouer avec son passé minier ou continuer d’externaliser ses impacts ? On en parle dans le nouveau numéro des Cahiers de Futura, disponible en ce moment sur notre boutique en ligne.
Émile Zola est sur toutes les lèvres. Et pour cause, l’ombre de son GerminalGerminal plane depuis 140 ans sur tous les projets miniers qui souhaiteraient se développer en France. À tort ou à raison ? Dans ce treizième roman, l’écrivain et journaliste français dénonçait les conditions de travail effroyables des mineurs, s’inspirant de ces « gueules noires » s’étant révoltées lors de la grande grève d’Anzin en 1884. « Les anciennes exploitations ont laissé des cicatricescicatrices importantes en France, explique le docteur en géologie Nicolas Charles. Il s’agit de certains résidus miniers qu’il faut encore aujourd’hui surveiller et traiter, ou des terrains qui par endroit se sont effondrés… ».
Lorsque les dernières mines ont fermé en France, le sujet est devenu tabou, mis de côté dans le domaine de la recherche, caché sous le tapis de nos angoisses et de notre culpabilité. Mais le contexte de dépendance européenne aux terres raresterres rares et métauxmétaux critiques, ainsi que leur rôle dans la transition écologique, interrogent à nouveau la nécessité d’extraire et de raffiner sur le territoire européen et notamment français. « On fait face à une contradiction en tant que consommateur : on souhaite pouvoir profiter du haut débitdébit, de la téléphonie ou de toutes autres technologies à base de matièresmatières premières minérales, tout en refusant de voir des mines près de chez soi pour préserver au mieux, à juste titre, nos espaces verts et nos campagnes, constate Nicolas Charles, qui exerce comme géologuegéologue au Bureau de Recherches Géologiques et MinièresBureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), mais si on extrayait en France certains de ces métaux, il y aurait beaucoup plus de leviers pour encadrer l’industrie minière que si on continue de s’approvisionner dans certains pays lointains au cadre réglementaire moins regardant quant à l’environnement, au social et à la gouvernance ».
Le chercheur résume ici tout le paradigme de l’industrie minière. Même si l’idée de sobriété fait son chemin et que le recyclage des métaux avance doucement, des mines continueront de s’ouvrir pour répondre aux besoins exponentiels en métaux, partout dans le monde. L’argument massue des industriels miniers est d’affirmer qu’en Europe, le code minier impose des réglementations très strictes pour limiter au maximum les dégâts environnementaux et garantir de bonnes conditions de travail pour les salariés, contrairement aux industries chinoises ou africaines. Assurant que les anciennes pratiques n’ont rien à voir avec les procédés modernes mis en place aujourd’hui. « Les autorités françaises naviguent sur une ligne de crête, constate depuis quelques années Guillaume Pitron, le journaliste et cofondateur de Psyché 16, une entreprise d’intelligenceintelligence minérale. Il leur faut en effet durcir l’environnement réglementaire minier afin de renforcer l’acceptabilité sociale des projets extractifs, or cela risque justement de faire fuir l’opérateur minier ».
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