les habitants de Santorin prennent la fuite !

paultensor
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Bien qu’elle n’ait causé aucun dégât sur l’île et que la grande majorité des secousses ne soient pas perceptibles par la population, la crise sismique que connaît l’archipel grec des Cyclades a poussé plus de 11 000 personnes à rejoindre précipitamment le continent. On vous explique ce qu’elles redoutent.

Depuis le 27 janvier 2025, la terre n’en fini plus de trembler dans les îles grecques des Cyclades. Le site de l’université d’Athènes, qui recense en direct les séismes sur le territoire révèle ainsi qu’une secousse a lieu environ toutes les 10 minutes ! Les épicentres sont concentrés dans l’espace maritime qui sépare les îles de Santorin, d’IosIos, d’Amorgos et d’Anafi. Si la plupart des séismes sont de trop faible magnitude (inférieure à 4) pour être ressentis par la population et pour causer des dégâts, cette crise sismique totalement inhabituelle inquiète les autorités et a poussé touristes et résidents à quitter la zone précipitamment.

En quelques jours, plus de 11 000 personnes ont ainsi préféré évacuer l’île de Santorin pour se réfugier sur le continent. Et pour cause : cet essaim sismique fait craindre le déclenchement d’une éruption ou d’un séisme plus important, capable de produire un tsunami. Les résidents ont en effet tous en tête le souvenir du séisme de 1956, qui avec une magnitudemagnitude de 7,7 avait produit un tsunami avec des vagues de 20 mètres de haut.

Une région soumise à de fortes contraintes tectoniques…

Les données scientifiques révèlent d’ailleurs que les séismes se localisent sur le même système de faillesfailles à l’origine du puissant séisme de 1956, et notamment sur la faille d’Amorgos. La région est en effet soumise à des contraintes tectoniques liées à la convergence des plaques tectoniquesplaques tectoniques africaine, eurasienne et anatolienne. Or, en mer Egée, cette contrainte est accommodée par le développement et le mouvementmouvement de grandes failles normales. Ces failles extensives génèrent, lorsqu’elles bougent, des déplacements verticaux du fond marin. Avec les failles inverses, elles sont donc les plus susceptibles de produire d’importants tsunamis, d’où l’inquiétude de la population.

La crise sismique pourrait donc être d’origine purement tectonique, et notamment associée à un glissement lent et profond sur la faille d’Amorgos, comme l’expliquent trois spécialistes dans cette vidéo de l’ObservaTerre. Il apparaît en effet que la sismicité se localise sur un segment de faille qui n’aurait pas bougé lors du séisme de 1956. Mais les causes des secousses pourraient être plus complexes. Les données géodésiques révèlent en effet un gonflement du sol dans la zone du Santorin depuis plusieurs mois, avec une propagation vers l’essaim sismique.

Avec une composante volcanique en prime

Il faut rappeler que l’île du Santorin est d’origine volcanique. Elle abrite le volcanvolcan Théra, dont les éruptions dramatiques ont marqué l’histoire humaine. Non loin de là et à proximité directe de l’essaim sismique, se trouve le volcan sous-marinvolcan sous-marin Kolumbo, actif lui aussi et particulièrement surveillé. Le gonflement récent du sol laisse donc penser que la sismicité actuelle pourrait également être associée à des mouvements de fluides (gazgaz et magmamagma) en profondeur, en lien avec les systèmes volcaniques présents. Certaines données corrèlent bien avec l’idée que du magma pourrait être injecté latéralement dans le système de faille adjacent au Kolumbo. Le déploiement rapide d’instruments scientifiques (GPSGPS et sismomètressismomètres de fond de mer) par des équipes de chercheurs internationales devrait permettre de suivre l’évolution de la crise et de mieux cibler les processus en jeu.

L’analyse globale des séismes dans le monde révèle qu’il est rare qu’un séisme de forte magnitude survienne après un essaim sismique de ce type. Toutefois, ce n’est pas impossible. De même, il reste impossible de savoir si une éruption peut se déclencher en réponse à cette activité. Impossible également de savoir combien de temps durera la crise. Elle peut se terminer dans quelques jours ou, au contraire, perdurer pendant plusieurs mois. Pour l’instant, la prudence reste donc de mise.

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