Envie de décrocher le job de vos rêves ? Dans le contexte concurrentiel de la recherche d’emploi, osez l’humour. Que ce soit dans un CV ou lors d’un entretien face à un recruteur, cette approche fait la différence. Une étude sérieuse montre que l’« humorbragging » (ou l’art de se vanter avec humour) séduit les recruteurs. À manier avec prudence toutefois : un trait d’esprit de mauvais goût peut ruiner une potentielle embauche.
Il serait tentant de croire que ce qui suit est une plaisanterie. Et pourtant, l’information est tout ce qu’il y a de plus sérieuse : faire preuve d’humour lors d’un entretien d’embauche pourrait bien vous faire décrocher le travail de vos rêves. Les vertus de l’humour ne sont plus à démontrer, y compris dans le monde professionnel, même si cette qualité demeure largement sous-exploitée dans les processus d’embauche. Pourtant, les candidats auraient tout intérêt à faire preuve d’esprit face aux recruteurs.
C’est ce que révèle une étude signée par des chercheurs de l’Imperial College de Londres, et des universités américaines de Stanford et de Virginie, publiée dans la revue Personality and Social Psychology Bulletin. Leur recommandation ? Osez l’« humorbragging ». Ce néologisme anglo-saxon, contraction d’humor (humour) et de bragging (vantardise), désigne l’art délicat de mettre en avant ses compétences et ses réussites avec une touche d’humour.
Selon les auteurs de l’étude, cette approche permettrait aux candidats de se distinguer sans paraître prétentieux. « Cette approche permet aux individus de mettre en valeur leurs compétences et leurs réalisations d’une manière qui est perçue comme plus sympathique et moins menaçante », a expliqué Jieun Pai, professeure adjointe à l’Imperial College de Londres, au magazine PsyPost.
Se vanter oui, mais avec humour
Pour appuyer leur hypothèse, les chercheurs ont mené quatre expériences, dont l’une simulant le recrutement d’un chef pâtissier pour un restaurateur fictif. Les volontaires devaient interroger des candidats lors d’entretiens d’embauche fictifs, notamment sur le moment de leur carrière dont ils étaient les plus fiers. Deux types de réponses étaient proposés : l’une sobre, l’autre teintée d’humorbragging. Résultat ? Les recruteurs étaient plus séduits par la seconde. « L’humorbragging augmente la chaleurchaleur et la compétence perçue ; ces deux dimensions conditionnent l’effet de l’humorbragging sur les intentions d’embauche de l’employeur », peut-on lire dans l’étude.
L’humour, un exercice d’équilibriste
Mais attention : manier l’humour demande nuance et discernement. Une plaisanterie de mauvais goût peut vite être perçue comme un manque de professionnalisme. L’équilibre est fragile. En clair, évitez les blagues douteuses, offensantes ou discriminatoires. L’humour bienveillant, subtilement distillé, reste la meilleure option.
Enfin, comme toute bonne compétence, cela se travaille. Testez vos blagues sur vos proches : s’ils ne rient pas, il y a peu de chances que votre recruteur le fasse. Et le jour J, soyez attentif aux signaux de votre interlocuteur. S’il sourit, continuez. Sinon, revenez à un registre plus classique. Car mieux vaut ne pas transformer l’entretien en sketch mal calibré.