« L’influence humaine sur la biodiversité est parfois si forte qu’on observe des signes d’un effondrement complet »

paultensor
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Tout comme notre climat, la biodiversité est en crise. Et à mêmes effets, même cause. Une étude d’une ampleur inédite ne laisse plus aucun doute à ce sujet non plus. Les activités humaines ont un impact « extrêmement négatif » sur la biodiversité.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climatGroupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) le soulignait. Le réchauffement climatique est « un phénomène causé sans équivoque par les activités humaines ». Malheureusement, la pressionpression que nous exerçons sur notre environnement ne s’arrête pas au climat. Pour exemple, la sixième extinction de masse qui, selon les experts, aurait commencé. Des chercheurs de l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies aquatiques (Eawag) et de l’université de Zurich (UZH, Suisse) le confirment aujourd’hui. L’impact de l’être humain sur la biodiversité mondiale est « extrêmement négatif ».

Dans la revue Nature, les chercheurs racontent comment ils ont mené une étude de synthèse inédite par son ampleur et son universalité. Ils ont compilé les données de quelque 2 100 études comparant la biodiversité de près de 50 000 sites affectés par l’activité humaine à un nombre équivalent de sites de référence non affectés. Le tout couvrant toutes sortes d’habitats et tous les groupes d’organismes. Définitivement, le regard plus complet jamais posé sur la crise de la biodiversité.

De moins en moins d’espèces, mais le problème ne s’arrête pas là

La conclusion de ces travaux n’est malheureusement pas réjouissante. « Les modifications des habitats, l’exploitation directe comme la chasse ou la pêche, le changement climatique, la pollution et les espèces invasivesespèces invasives ont un impact important sur la biodiversité mondiale, dans tous les groupes d’organismes et dans tous les écosystèmes », résume François KeckKeck, auteur principal de l’étude, dans un communiqué de l’UZH. En moyenne, le nombre d’espèces sur les sites touchés était inférieur de près de 20 % à celui des sites non touchés. Un chiffre comme il en a déjà été publié beaucoup.

Le saviez-vous ?

Les chercheurs suisses notent des pertes d’espèces particulièrement importantes, toutes régions confondues, chez les vertébrés tels que les reptiles, les amphibiens et les mammifères.

Ainsi, la vraie nouveauté dévoilée par cette étude est encore ailleurs. Elle montre en effet que la pression humaine modifie également la composition des communautés d’espèces. Notamment celle des microbesmicrobes et des champignons. Peut-être du fait de leurs cycles de vie courts et de leurs taux de dispersion élevés. Et en la matièrematière, c’est la pollution et les modifications des habitats qui s’avèrent les plus délétères.

Identifier les causes pour inverser les tendances

L’équipe a également étudié un troisième aspect clé de la biodiversité : l’homogénéité. En d’autres mots, la similarité des communautés d’espèces sur différents sites. À grande échelle, l’agriculture intensive, par exemple, a tendance à rendre les communautés d’espèces plus similaires. Localement, les espèces peuvent avoir tendance, à l’inverse, à se diversifier à l’extrême. Ce qui n’est pas non plus interprété comme un signe positif par les chercheurs. Ils l’envisagent surtout comme un nouvel impact inattendu de l’activité humaine. « L’influence humaine que nous constatons est parfois si forte qu’il existe même des signes pouvant indiquer un effondrementeffondrement complet des communautés d’espèces », remarque Florian Altermatt, professeur d’écologieécologie aquatique à l’université de Zurich.

« Nos résultats fournissent des indications claires sur les influences humaines qui ont le plus d’impact sur la biodiversité », souligne François Keck. Et alors que leur caractère universel tout autant que leur validité mondiale devraient nous alarmer, « ils montrent également les objectifs à atteindre pour inverser ces tendances ».

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