Non, les Français ne sont pas des « Gaulois réfractaires » au changement – c’est même tout le contraire, selon le dernier Baromètre des territoires. Face à la crise écologique, une immense majorité se dit prête à agir, malgré des freins persistants et des inégalités territoriales qui inquiètent.
En ce début d’année 2025 et pour la troisième fois, l’institut Elabe a posé à 10 000 personnes représentatives de la France, plus d’une centaine de questions pour établir un nouveau BaromètreBaromètre des territoires. Et parmi les nombreux enseignements que l’on peut en tirer, c’est que « non, nous ne sommes pas des « Gaulois réfractaires » » ! En effet, 79 % des Français sont prêts aux changements qui s’imposent dans le contexte de crise environnemental. Soit presque 8 Français sur 10. Et même 44 % considèrent que nous avons plus à y gagner qu’à y perdre.
La nouvelle est excellente alors que notre pays découvre les conséquences du réchauffement climatique. D’ailleurs, la même enquête montre que la moitié des Français redoute de subir des conditions de vie de plus en plus rudes. Et presque autant craignent de subir des dégâts liés aux catastrophes naturelles ou de tomber malades à cause de la pollution. Quelle que soit la région dans laquelle ces personnes habitent, leur niveau social, leur âge ou même, leurs tendances politiques. D’autant que les Français sont tout aussi nombreux à confier qu’ils ne sont pas certains de savoir réagir en cas de crise.
Les Français conscients de la crise environnementale et de ses impacts
Résultats, 64 % des Français, là encore, tous bords politiques confondus, se disent à l’aise avec l’idée d’un changement d’habitude et 15 % affirment même l’envisager comme un stimulant. Ils assurent d’ailleurs agir, selon leurs moyens, « aujourd’hui et là où ils vivent ». Déjà 85 % réparent leurs équipements avant de les jeter, 81 % donnent ce qu’ils n’utilisent plus, 75 % mangent moins de viande – même lorsque ce n’est pas lié à une question financière. Les plus jeunes se tournent même vers des plateformes de location – 38 % des moins de 35 ans – ou l’achat de paniers antigaspi – 62 % des moins de 35 ans.
Pour 30 % des Français, « tenir compte de l’impact de son mode de vie et de sa consommation sur les ressources naturelles, les pollutions et les émissions de gaz à effet de serre » sonne déjà comme une évidence, totalement intégrée à leur façon de vivre. Pour 52 %, même si c’est parfois une contrainte, c’est le chemin qu’ils essaient désormais d’emprunter au quotidien. Seulement 9 % ne se sentent pas concernés.
Les Français en demande de soutien pour mieux s’adapter aux changements
Mais les Français rapportent aussi que leur adaptation est parfois empêchée. Par un manque de moyens personnels – pour 67 %. Ou par manque d’informations claires sur les voies à suivre. Ou encore parce que le territoire dans lequel ils vivent qui, lui-même, ne s’adapte pas – moins d’un tiers juge que les élus locaux prennent les bonnes décisions en la matièrematière. Ainsi, 8 Franciliens sur 10 estiment vivre dans un endroit bien desservi par les transports en commun alors que ce n’est le cas que de 4 habitants de la Nouvelle-Aquitaine sur 10. De quoi pousser l’institut Elabe à poser la question qui nous brûle les lèvres : « La capacité à s’adapter fera-t-elle ou fait-elle d’ores et déjà naître de nouvelles inégalités ? »