On sait qu’über Moron Musk continue à s’enfoncer dans ses délires, mais les adultes responsables des équipes de laboratoires de la noosphère impliqués dans l’exploration de Mars avec le rover Curiosity, dont des membres du CNRS et du Laboratoire AtmosphèresAtmosphères, Observations Spatiales (Latmos) à Guyancourt, en France, repoussent méthodiquement et rationnellement nos connaissances sur la Planète rouge, en quête d’indices de la présence passée ou actuelle de formes de vie martiennes.
Ils viennent d’ailleurs de passer sur le devant de la scène pour de nouvelles découvertes concernant une chimie prébiotiqueprébiotique qui a peut-être accouché de la vie. On vient de trouver de nouvelles traces, spectaculaires et intéressantes en analysant des roches pulvérisées et récoltées par le rover CuriosityCuriosity dans les stratesstrates et affleurementsaffleurements qui lui sont accessibles dans le cratère Gale, qu’il explore depuis son arrivée sur Mars en 2012.
Une présentation du cratère Gale exploré par Curiosity. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa, Jet Propulsion Laboratory
Des composants dégradés de membranes cellulaires sur Mars ?
Comme ils l’expliquent dans un article publié dans la célèbre revue Pnas, les planétologues et cosmochimistes ont mis en évidence grâce au mini-laboratoire d’analyse d’échantillons sur Mars (Sample Analysis at Mars pour SAM en anglais) de Curiosity les plus longues molécules organiques découvertes sur la Planète rouge à ce jour.
Il s’agit de molécules banales dans les laboratoires sur notre Planète bleue que les chimistes dans leur jargon appellent décane, undécane et dodécane, ce qui indique que leurs charpentescharpentes carbonées sont composées respectivement de 10, 11 et 12 atomes de carbone.
Là où cela devient intéressant, c’est qu’il se pourrait bien que ces molécules soient des fragments d’acides grasacides gras préservés dans l’échantillon. Dans le cas des formes de vie sur Terre, on sait que des acides gras sont les composants de base des membranes cellulairesmembranes cellulaires. Or, de telles membranes ont été a priori indispensables à l’apparition de la vie en permettant l’accumulation et la protection des molécules nécessaires à l’apparition d’un métabolismemétabolisme et de processus génétiquesgénétiques au début de l’histoire de la vie dans un environnement presque clos et protecteur, celui des futures cellules de la Vie.
Si les acides gras sont les éléments chimiqueséléments chimiques constitutifs de la vie, on sait que sur Terre et dans des expériences sondant les arcanes de la chimie prébiotique, des acides gras s’organisant en ancêtre des membranes biologiques (les coacervats, du latin coacervare, rassembler, mettre en groupe, proposés et théorisés dans les années 1920/1930 par le chimiste russe Alexandre Oparine, sont de petites gouttelettes riches en polymèrespolymères qui se forment spontanément dans l’eau par un phénomène de séparationséparation de phase liquideliquide-liquide) peuvent également être produits en dehors de toute vie par des réactions chimiquesréactions chimiques abiogéniques déclenchées par divers processus géologiques, notamment l’interaction de l’eau avec les minérauxminéraux dans les sources hydrothermales.
Des biosignatures qui se conservent pendant des milliards d’années ?
Comme l’explique un communiqué de la NasaNasa, qui accompagne la publication de l’article scientifique, « les scientifiques de Curiosity avaient déjà découvert de petites molécules organiques simples sur Mars, mais la découverte de ces composés plus volumineux fournit la première preuve que la chimie organique a progressé vers la complexité nécessaire à l’origine de la vie sur Mars.
Cette nouvelle étude augmente également les chances que de grosses molécules organiques, des biosignatures qui ne peuvent être produites qu’en présence de vie, puissent être préservées sur Mars, dissipant ainsi les craintes de destruction de ces composés après des dizaines de millions d’années d’exposition à des radiations et à une oxydationoxydation intenses ».
Le même communiqué de la Nasa contient plusieurs déclarations de chercheurs impliqués dans les analyses des données provenant de SAM et portant sur un échantillon de roche appelé Cumberland, prélevé en mai 2013 dans une zone du cratère Gale, baptisée « baie de Yellowknife ».
Or, comme l’explique Daniel Glavin, scientifique principal chargé du retour sur Terre des échantillons martiens au Goddard Space Flight CenterGoddard Space Flight Center de la Nasa à Greenbelt, dans le Maryland, et co-auteur de l’étude, « il existe des preuves que de l’eau liquide a existé dans le cratère Gale pendant des millions d’années, et probablement bien plus longtemps. Cela signifie qu’il y a eu suffisamment de temps pour que la chimie propice à la vie se développe dans ces environnements de cratère-lac sur Mars ».
Depuis son arrivée sur Mars en 2012, le rover Curiosity de la Nasa a ingéré des échantillons de roche, de sol et d’air martiens afin de mieux comprendre l’habitabilité passée et présente de la Planète rouge. Ses recherches s’intéressent particulièrement aux molécules organiques, éléments constitutifs de la vie. Le laboratoire de chimie embarqué à bord de Curiosity a détecté des hydrocarbures à longue chaîne dans une roche argileuse appelée « Cumberland », les plus grandes substances organiques jamais découvertes sur Mars. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa’s Goddard Space Flight Center
Le communiqué ajoute que Cumberland contient encore des informations fascinantes sur ce qui se passait il y a 3,7 milliards d’années au fond du cratère Gale. Il y a ainsi des minéraux argileux qui ne peuvent se former que dans l’eau et des nitrates essentiels à la santé des plantes et des animaux sur Terre.
La Française Caroline Freissinet, auteure principale de l’étude et chercheuse au Latmos, y déclare : « Notre étude prouve qu’aujourd’hui encore, l’analyse d’échantillons martiens nous permettrait de détecter des signatures chimiques de vie passée, si tant est qu’elle ait jamais existé sur Mars. »
Voilà de quoi être encore plus impatient du rapatriement d’échantillons martiens sur Terre afin de les analyser avec les instruments plus sophistiqués que ceux de SAM et disponibles sur le lieu de naissance de la noosphère.
Caroline Freissinet : aperçu de la matière organique sur Mars avec le rover Curiosity. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Center for Astrophysics and Space Science – NYUAD