La sonde Hera de l’Agence spatiale européenne vient de survoler le système martien, afin a profité de l’assistance gravitationnelle de Mars pour l’aider à rejoindre l’astéroïde Didymos. Hera a profité de ce survol pour observer Deimos, la plus petite des deux lunes de Mars. Et aussi la moins connue. Les images renvoyées sur Terre révèle un monde de seulement 12,4 kilomètres de diamètre que l’on a peu l’occasion d’observer. Des images qui devraient nous aider à mieux comprendre son origine et aussi préparer la mission MMX de la Jaxa.
Lancée le 7 octobre 2024 en direction de l’astéroïde binairebinaire Didymos, dont l’orbite a été modifiée par les humains dans le cadre de la mission Dart de la Nasa, la sonde Herasonde Hera de l’Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (ESA) vient de survoler le système martien, qui comprend Mars et ses deux lunes, PhobosPhobos et DeimosDeimos. Profitant de ce passage, Hera a utilisé pour la première fois sa charge utile à des fins scientifiques au-delà de la Terre et de la Lune. En activant un trio d’instruments, la sonde a réussi à capturer des images de la surface de la planète rouge ainsi que de Deimos, la plus petite et la plus mystérieuse des deux lunes de Mars.
En s’approchant à 5 000 kilomètres de Mars, Hera a bénéficié de l’assistance gravitationnelle de la planète pour affiner sa trajectoire, réduisant ainsi le temps de voyage vers son objectif tout en économisant du carburant. Ce survolsurvol a également permis la réalisation d’observations rapprochées de Deimos, dont l’origine reste mal comprise (petit satellite de 12,4 kilomètres de large). Cette lune pourrait être un vestige d’un impact sur Mars ou un astéroïde capturé, ce qui en fait un objet d’étude captivant pour la science planétaire. Les observations de Deimos pourraient en effet enrichir notre compréhension des lunes martiennes et des astéroïdes en général.
La sonde Hera au plus proche de la petite lune Deimos
Se déplaçant à 9 km/s par rapport à Mars, Hera a pu capturer des images rares de la face cachée de Deimos (par rapport à Mars). Le centre de contrôle de mission, situé à l’ESOC en Allemagne, a méticuleusement affiné la trajectoire de la sonde pour maximiser l’assistance gravitationnelle de Mars et l’approcher le plus près possible de la lune.
Les trois instruments de Hera utilisés pendant le survol :
- l’Asteroid Framing Camera, avec une résolutionrésolution de 1 020 x 1 020 en noir et blanc, a été utilisé pour la navigation et la recherche scientifique, acquérant des images en lumièrelumière visible ;
- l’imageur hyperspectral Hyperscout H, capable d’observer dans une gamme de couleurscouleurs dépassant les limites de l’œilœil humain, utilise 25 bandes spectrales visibles et proches de l’infrarougeinfrarouge pour caractériser la composition des minérauxminéraux ;
- l’imageur infrarouge thermique, fourni par l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (Jaxa), capture des images dans les longueurs d’ondelongueurs d’onde de l’infrarouge moyen pour déterminer la température de la surface. Cela permet de révéler des propriétés physiquesphysiques telles que la rugosité, la distribution de la taille des particules et la porositéporosité.
Hera a également mené des observations conjointes de Deimos en collaboration avec Mars Express de l’ESA, qui orbite autour de la Planète rouge depuis plus de 20 ans. Les données collectées par la sonde sur Deimos contribueront à planifier la mission MMX (Martian Moon Exploration) de la Jaxa à laquelle participe le Cnes qui fournira le rover Idefix. Cette mission a pour objectif la collecte d’échantillons à la surface de Phobos, l’autre lune martienne, et de les rapporter sur Terre en 2031.