Dans le sud de l’Espagne, les archéologues découvraient il y a quatre ans une forteresse protohistorique sur une colline rurale. Outre sa structure complexe, le site dissimulait le corps d’un individu inconnu arborant des attributs propres aux troupes de Rome, mais enterré là plus de 2 000 ans après l’abandon du lieu.
Au sommet d’une colline espagnole, une double surprise attendait les archéologues depuis des siècles. Des fouilles préventives en amont d’un projet de constructionconstruction de panneaux solaires révélaient en 2021 la présence d’une forteresse de la fin du Néolithique, non loin de la municipalité d’Almendralejo.
Dans la péninsulepéninsule ibérique, plusieurs fortifications préhistoriques ont été retrouvées au cours des dernières décennies : Motilla deldel Azuer, dans la province de Ciudad Real, ou encore La Bastida, dans la région de Murcie, font partie des chantiers notables depuis les années 1970. Mais les structures exhumées dans la région méridionale d’Estrémadure surprennent par leurs dimensions et leur technicité. Et une nouvelle découverte sur place suscitait la surprise des archéologues. Ces derniers déterraient un corps datant de l’ère romaine antique, enfoui avec des apparats militaires, soulevant de nombreuses interrogations.
Une forteresse particulièrement élaborée
Comme le précise un article de LiveScience du 19 février, les constructions préhistoriques se veulent particulièrement bien pensées et précises pour leur époque. Elles ont été érigées durant le chalcolithiquechalcolithique, ou l’âge de cuivre, à la jonction entre le Néolithique et l’âge du bronze, vers 3000 avant J.-C. Les vues aériennes permettent d’admirer la sophistication du murmur d’enceinte et de l’architecture interne, avec d’autres constructions défensives.
Le mur extérieur adopte une forme de nonagone, chaque angle se voyant agrémenté de sortes d’absidioles, que l’on retrouve sur les autres stratesstrates de la forteresse. Appelées bastion, ces saillies permettent aux défenseurs d’adopter une position tactique adéquate pour repousser de potentiels envahisseurs. Le système de fortification bastionnée se développe durant l’Antiquité avant de tomber en désuétude au Moyen Âge, alors que la pratique de la guerre évolue.
Les bastions font progressivement leur retour à l’époque moderne, perfectionnés par des ingénieurs comme Vauban durant le règne de Louis XIV. Il est cependant relativement rare d’observer ce type d’agencements durant la protohistoire. Le mur le plus large fait soixante-dix sept mètres de diamètre. À l’intérieur, deux fortifications plus petites protègent la place centrale, chacune étant séparée par des fosses.
L’homme enterré dans une forteresse abandonnée
Si l’impressionnante ossature de la forteresse ne suffisait pas, un individu était inhumé sur le site. Ce qui pourrait sembler normal prend une tournure énigmatique, car le lieu était abandonné depuis 2 500 ans au moment où le corps était déposé sur place. L’individu était un homme, dont l’âge est estimé entre 25 et 35 ans au moment du décès. Avec lui reposait une dague militaire, nommée pugio, faisant partie de l’équipement alloué aux légions romaines. Ces dernières occupaient l’Hispanie depuis 218 avant J.-C.
L’homme était-il un soldat, un déserteur ? Il pourrait avoir été malade et enterré là, il est relativement peu probable qu’il ait été victime d’un crime, voire d’un meurtre. Il n’était pas rare que les Romains utilisent des monuments comme des sites funéraires. Dans l’Antiquité, il est probable que les vestiges de la forteresse de l’âge de bronze aient servi de refuge pour des troupes de passage dans le secteur. Des examens complémentaires de médecine légalemédecine légale offriront possiblement des données concernant les circonstances de sa mort.