Toutes les plus grandes villes côtières du monde s’affaissent progressivement dans le sol. Pour la majeure partie d’entre elles, la disparition complète semble même inévitable dans quelques dizaines d’années.
Pour une étude publiée dans Nature Sustainability, les chercheurs ont étudié l’évolution de 48 grandes villes touchées par un phénomène de subsidence, soit 20 % de la population urbaine mondiale. La subsidence est un affaissement du sol dont presque personne ne se soucie, alors même qu’il s’agit d’un problème majeur. Le phénomène est principalement provoqué par l’activité humaine : le poids des infrastructures en ville et le prélèvement massif des eaux souterraines sont les deux causes majeures de subsidence des villes.
En s’enfonçant, les côtes sont encore plus vulnérables au risque de submersion marine. Alors que le problème passait quasiment inaperçu il y a 40 ans, les mesures satellites permettent désormais d’évaluer avec précision la subsidence des terres. Sur les 48 villes étudiées, les scientifiques ont découvert que 44 ont un rythme d’affaissement plus élevé que celui de la hausse du niveau de la mer. Ces grandes villes, qui sont parfois des capitales, sont donc condamnées à disparaître dans quelques dizaines d’années pour les plus touchées.
La majorité des grandes villes menacées de disparaître sont en Asie
Tianjin en Chine, une ville occupée par 14 millions d’habitants, a le rythme de subsidence le plus élevé du monde avec un affaissement pouvant s’élever jusqu’à 43 millimètres par an. En juin 2023, d’énormes fissures ont commencé à apparaître sur les routes. Les géologuesgéologues ont attribué ces fissures à l’effondrementeffondrement de cavités souterraines provoqué par la subsidence. Ho Chi Minh au Vietnam, 9 millions d’habitants, a le 2e rythme de subsidence le plus élevé au monde, avec près de 43 millimètres également.
Viennent ensuite les villes de :
- Chittagong au Bangladesh (qui souffre de prélèvement extrême de ses eaux souterraines) avec jusqu’à 37 mm par an ;
- Yangon au Myanmar avec un maximum de 31 mm par an ;
- Jakarta en Indonésie avec un maximum de 26 mm par an (qui a décidé de reloger sa capitale 1 000 km plus loin en raison de la subsidence) ;
- Ahmedabad en Inde avec jusqu’à 23 mm par an, un rythme qui progresse vite en raison de l’urbanisation an anarchique
- Istanbul en Turquie avec un maximum de 19 mm par, un rythme qui progresse également très vite en raison du développement de la ville ;
- Houston, Texas, aux États-Unis, avec jusqu’à 17 mm par an, en raison des forages de pétrolepétrole et des prélèvements d’eau ;
- Lagos au Niger avec jusqu’à 17 mm par an en raison des prélèvements de sable ;
- Manille aux Philippines avec un maximum de 17 mm par an.
La France et l’Europe aussi touchées, mais bien plus faiblement
Toutes ces villes sont donc vouées à disparaître, à moins de transformer leur urbanisation avec des bâtiments plus légers, et de surélever les sols avec nouveaux sédimentssédiments. Rappelons que les côtes européennes et françaises aussi sont touchées par la subsidence, même si le rythme est bien moins élevé qu’en Asie, en Afrique et aux États-Unis : en France, l’affaissement des côtes est compris entre 0,5 et 1 mm par an.