Les incendies de végétation l’année dernière en Amazonie ont fait brûler une superficie totale plus grande que toute l’Italie. Les causes sont connues. Saurons-nous mettre en œuvre les moyens qui permettront de rétablir la situation ?
Les experts le soulignaient déjà à l’automne dernier. La saison sèche en Amazonie a été particulièrement sévère en 2024. Résultat, en septembre, un rapport de l’initiative MapBiomas – une initiative portée par des organisations non gouvernementales, des universités et des entreprises – révélait que la superficie de végétation brûlée – parmi laquelle, la moitié de forêts – au Brésil seulement ce mois-là était de presque 200 % celle qui était partie en fumée le même mois de l’année d’avant. Et les choses ne se sont que peu améliorées ensuite. Sur l’année entière, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) rapporte en effet un nombre de plus de 140 000 incendies détectés par satellite dans l’Amazonie brésilienne. C’est 42 % de plus qu’en 2023 et surtout, un record depuis 2007 !
Le Brésil en feu et une forêt amazonienne en danger
Aujourd’hui, un nouveau rapport de MapBiomas confirme l’ampleur du désastre. Sur l’ensemble de l’année 2024, ce sont près de 30,8 millions d’hectares de végétation qui ont brûlé en Amazonie. Soit un peu plus que la superficie de l’Italie ! C’est aussi 79 % de plus qu’en 2023. Et le Brésil est le pays le plus touché. Non seulement il représente un quart de la superficie totale brûlée, mais l’Amazonie a également été le plus touché des six biomes du pays, à 58 %. C’est la première fois que les incendies ont détruit plus de forêts que de prairies. Quelque 8,5 millions d’hectares en 2024 contre 2,2 millions d’hectares en 2023.
Un coup dur pour le président Lula qui a fait de la préservation de l’Amazonie, une priorité. Rappelons qu’au Brésil, beaucoup de feux de forêt ou, plus largement, de végétation, sont déclenchés volontairement chaque année par des éleveurs et des agriculteurs qui cherchent à gagner des terresterres. Et même si la pratique a reculé, elle reste difficile à éradiquer pour les autorités. D’autant que les efforts mis en œuvre pour y arriver pourraient bien avoir provoqué une réaction inattendue au sein de la population. En 2024, la police brésilienne a ouvert près de 120 enquêtes pour incendie criminel, alors que la moyenne des années précédentes était de l’ordre de 70.
La pluie viendra-t-elle au secours de la forêt ?
La sécheressesécheresse n’a bien sûr rien arrangé. Et maintenant que les forêts ont été fragilisées, le risque de voir se déclencher d’autres incendies est encore plus grand. Ainsi les efforts du gouvernement à eux seuls ne suffiront pas à redresser la situation. Il faudrait qu’ils soient combinés à une saison des pluies très forte pour reconstituer les réserves d’eau dans la région. Combinés, finalement, avec des efforts pour limiter le réchauffement climatique anthropique.