les révélations choc d’une BD sur ce qu’il se passe dans les océans

paultensor
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Les mers bordant les côtes françaises ont perdu 80 % de leur population marine. On a mangé la mer est une BD choc qui vient de sortir et traite de la surexploitation des océans par les humains. L’auteur et militant pour l’océan, Maxime de Lisle, a répondu aux questions de Futura.

Réalisée par Maxime de Lisle, et dessinée par Olivier Martin, la bande dessinée parue aux éditions Futuropolis « explore la complexité de la crise de la pêche tout en soulignant l’espoir de préserver notre belle Planète bleuePlanète bleue ».

Maxime de Lisle n’est pas seulement un militant, après avoir été officier aspirant dans la Marine nationale, il a été commandant en second sur les navires de Sea Shepherd : c’est ainsi qu’il a passé une année en mer pour lutter contre la pêche illégale en Méditerranée et en Afrique.  

Futura : Votre bande dessinée met en scène une douzaine de chapitres, des histoires tirées du réel, quelle est celle que vous jugez la plus pertinente pour décrire ce qui se passe dans les océans ?

Maxime de Lisle : « Sea invaders » parle du poulpe. Cet animal aime l’eau chaude et il s’est multiplié de manière incroyable en raison du réchauffement climatique. Au début, cela a eu un impact positif sur la pêche, mais plus maintenant. Cela impacte les écosystèmes et sème le chaos. L’océan n’est pas seulement en danger à cause de la pêche, mais aussi à cause du changement climatique. Cette histoire montre qu’il n’y a pas d’un côté, de méchants pêcheurs et d’un autre côté des ONG radicales, tout est lié : il faut une vision d’ensemble du problème.

Futura : De nombreux personnages qui existent dans la réalité se côtoient dans cette BD : des pêcheurs, bien sûr, des associations écologistes, des scientifiques, mais aussi des politiques bien connus des Français…

Maxime de Lisle : Nous avons voulu faire du sens plus que du sensationnel : on a essayé de montrer toutes les parties prenantes dans la bande dessinée, des gens qui ne se parlent pas dans la vie. Il ne faut pas polariser les choses : si on se tape tous dessus, ça ne va pas marcher ! Il est nécessaire de garder le dialogue entre toutes les parties concernées par l’océan.

Futura : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ces années au cours desquelles vous avez parcouru les océans à bord des navires de Sea Shepherd ?

Maxime de Lisle : Ce qui m’a le plus marqué, c’est que, en même temps, on peut voir au cours de la même journée la beauté du monde et l’horreur. Par exemple, des baleines qui sautent le matin devant le lever du soleilsoleil, et deux heures après, des chalutiers chinois qui raclent les fonds marins et exploitent en même temps les humains. C’est la coexistence du meilleur et du pire à quelques kilomètres près.

Futura : Que pensez-vous des mesures annoncées lors du sommet SOS Océan à Paris le 31 mars ?

Maxime de Lisle : Il y a, en fait, beaucoup d’annonces et peu de mesures. Les mesures concrètes, on les attend ! Il reste deux mois d’ici la conférence des Nations Unies sur les océans, et j’espère que les chefs de la Planète auront le courage de choisir leurs combats. Au sommet SOS Océan, ils ont tout choisi et rien choisi à la fois, donc c’est vide. Il n’y aucun focus sur quelque chose en particulier.

Futura : Êtes-vous tout de même optimiste sur l’issue de cette conférence qui se tiendra à Nice du 9 au 13 juin prochain. Avez-vous bon espoir que des mesures concrètes soient prises ?

Maxime de Lisle : Il faut savoir que, dans ce type de conférence, il n’y a pas vraiment de décision, il y a des discussions. Il peut tout de même y avoir quelques mesures clés, notamment sur la question des aires marines protégées et sur la protection de la haute mer. Cette conférence sera aussi importante pour défendre la science dans le contexte actuel.

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Futura : Il est question de l’effondrement de certains mammifères dans votre BD, comme celui des dauphins, mais aussi d’espèces de poissons comme le saumon atlantique qui est quasiment éteint. Comment peut-on aider le grand public à faire les bons choix de consommation ? Que faut-il arrêter de consommer en priorité ?

Maxime de Lisle : La première chose à faire, c’est de réduire notre consommation de poissons. Il ne faut pas faire du remplacement en consommant une autre espèceespèce, il faut diviser notre consommation globale de poissonspoissons par trois. En France, nous mangeons beaucoup de poissons, nous sommes l’un des plus gros consommateurs du monde. On prend même le poisson d’autres pays qui en mangent moins. Il faut arrêter de manger de gros poissons importés, comme le saumon, le thonthon, mais aussi les crevettes. Le saumonsaumon vendu comme bio contient d’ailleurs moins de pesticidespesticides, mais plus de microplastiquesmicroplastiques à cause de la façon dont il est nourri ! Il faut rester sur du petit poisson local. Il faut aussi arrêter avec le discours qui consiste à dire qu’il faut remplacer la viande par du poisson, c’est notre consommation animale totale qu’il faut réduire.  

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