Prévu initialement pour entrer en service en 2028, le télescope géant de 39 mètres de l’ESO sera finalement mis en fonction en mars 2029, avec à la clé sa première lumière. Les premières observations scientifiques ne sont attendues qu’en décembre 2030. Cependant, ce retard dans la construction n’est pas la seule préoccupation à laquelle l’ESO doit faire face. Un mégaprojet menace l’un des ciels les plus purs du monde !
L’Observatoire européen austral (ESO) vient de mettre à jour le calendrier de la constructionconstruction et de la mise en service de son futur télescope géant de 39 mètres, l’Extremely Large TelescopeExtremely Large Telescope (ELT). Il y a un an, l’organisation prévoyait une mise en service opérationnelle dès 2028, mais des retards dans la construction de ce télescope hors norme l’ont contrainte à repousser de plus d’un an sa mise en service.
Une mise en service en 2029
Les raisons de ces retards ne sont évidemment pas inhabituelles pour des projets de cette envergure et à la pointe de la technologie. Elles vont des conditions météorologiques difficiles sur le site de construction de Cerro Armazones aux développements technologiques prenant plus de temps que prévu, en passant par des défaillances d’équipements lors de la fabrication. Bref, rien d’alarmant.
Résultat, la mise en service de ce télescope, le plus grand jamais construit, est prévue en mars 2029 avec sa première lumière. Quant aux premières observations scientifiques, elles sont attendues pour décembre 2030, après l’installation et la mise en service des instruments scientifiques.
Le ciel le plus pur au monde menacé
Ce retard dans la construction du télescope n’est pas la seule source d’inquiétude pour les responsables du projet et la direction de l’ESO. En effet, l’emplacement de l’observatoire, situé à quelques kilomètres du Very Large Telescope (VLT) et classé comme un domaine protégé, offre l’un des ciels les plus sombres et les plus dégagés au monde pour l’astronomie. Cependant, cet environnement unique est menacé par la construction d’un complexe industriel au profit d’AESAES Andes, une filiale de la compagnie d’électricité américaine AES Corporation.
S’étendant sur plus de 3 000 hectares, ce projet est comparable en taille à une ville comme Valparaíso, au Chili, ou Garching, près de Munich (siège de l’ESO), en Allemagne. Il comprend la création d’un port, d’usines de production d’ammoniac et d’hydrogène, ainsi que de milliers d’unités de production d’électricité, situées à proximité de Paranal, où est localisé le VLTVLT.
“Ce projet entraînerait une augmentation de la pollution lumineuse d’au moins 35 % au-dessus du VLT et de plus de 50 % au-dessus du site sud du Cherenkov Telescope Array Observatory”
L’ESO a récemment publié une évaluation de l’impact de ce projet sur les installations de l’Observatoire de Paranal, où se situe le VLT, révélant des résultats alarmants.
Selon cette analyse, ce projet entraînerait une augmentation de la pollution lumineuse d’au moins 35 % au-dessus du VLT et de plus de 50 % au-dessus du site sud du Cherenkov Telescope Array Observatory (CTAO-South). De plus, il aggraverait la turbulenceturbulence de l’airair dans la région, dégradant les conditions d’observation astronomique, tandis que les vibrationsvibrations provoquées par le projet pourraient sérieusement compromettre le bon fonctionnement de certaines installations, comme l’Extremely Large Telescope (ELT) et celles de l’observatoire de Paranal.