RFK Jr. a proposé de laisser la grippe aviaire se propager librement, mais la communauté scientifique met en garde contre les conséquences que cela pourrait entraîner, y compris le risque d’une pandémie.
Robert F. Kennedy Jr., le secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, s’est exprimé sur Fox News à propos de l’épidémie inédite de grippe aviaire qui sévit sur le territoire des États-Unis. Et autant dire que sa proposition a suscité de vives réactions. Il suggère de laisser le virus se propager dans les troupeaux afin d’identifier les oiseaux naturellement immunisés et ainsi éviter les abattages massifs. Une idée qui soulève de nombreuses inquiétudes chez les scientifiques.
Une approche risquée aux conséquences sanitaires incalculables
Selon le Dr Gail Hansen, ancienne vétérinairevétérinaire d’État au Kansas, chaque foyer d’infection dans un élevage de plusieurs millions de volailles représente autant de chances pour le virus de muter.
Rocio Crespo, vétérinaire spécialisé dans les volailles à la faculté de médecine vétérinaire de l’université d’État de Caroline du Nord, alerte également sur le fait que laisser le virus se propager sans contrôle donne non seulement à la grippe aviaire une plus grande chance de se propager à d’autres troupeaux et animaux, mais aussi aux humains.
En d’autres termes, la proposition de Kennedy Jr. pourrait, au lieu de résoudre le problème, amplifier le risque d’une transmission inter-espècesespèces et d’une potentielle crise sanitairecrise sanitaire mondiale.
Des conséquences dramatiques pour les éleveurs
Aux risques sanitaires s’ajoutent des préoccupations éthiques. Actuellement, les éleveurs sont indemnisés pour les animaux abattus afin d’éviter la propagation du virus. Si la circulation libre du virus était adoptée, les exploitations risqueraient des pertes massives sans compensation.
La grippe aviaire hautement pathogène, qui tue 90 à 100 % des poulets en quelques jours, empêche même le développement d’anticorps, rendant toute forme de résistancerésistance génétiquegénétique impossible, selon Matt Koci, immunologiste à l’université d’État de Caroline du Nord. Permettre aux volailles de tomber malades aggraverait leurs souffrances, ce qui soulève d’importantes questions éthiques.
Une menace économique
Les répercussions économiques d’une telle décision pourraient être catastrophiques. En plus des pertes directes pour les éleveurs, les États-Unis risqueraient de voir leurs exportations de volailles frappées d’embargo par d’autres pays refusant d’importer des produits potentiellement contaminés. Le ralentissement des procédures de désinfection et de remise en état des élevages pourrait aussi entraîner des fermetures prolongées et des pertes de revenus pour l’industrie agricole.
En conclusion, bien que Robert F. Kennedy Jr. n’ait pas de pouvoir décisionnel sur la politique agricole américaine, sa proposition soulève un débat crucial. Comme l’a rapporté le New York Times, la secrétaire à l’AgricultureAgriculture, Brooke Rollins, a également exprimé son soutien à cette idée, mentionnant que certains agriculteurs étaient intéressés par un projet pilote de cette stratégie. Toutefois, entre dangers sanitaires, pertes économiques et menaces pour le bien-être animal, la communauté scientifique s’accorde à dire que cette proposition est une impasse et que l’abattage et le confinement restent la meilleure façon de contrôler l’épidémie.