Depuis Mars, Perseverance nous envoie encore une fois des images étonnantes de la diversité géologique de la Planète rouge. Le rover a en effet identifié une roche composée d’une multitude de petites sphérules, dont la nature et l’origine restent pour l’instant incertaines.
Loin de l’agitation qui règne sur Terre, Perseverance poursuit paisiblement son exploration de la surface martienne, et continue d’enchaîner les découvertes étonnantes. Voilà deux semaines environ que le rover est arrivé sur le site dit de Broom Point, sur le bord du cratère Jezero. Son objectif : étudier une formation rocheuse présentant une alternance de bandes sombres et claires, visible depuis l’espace. Mais sur Mars, chaque arrêt s’avère toujours plus riche que prévu.
Une nouvelle version des Martian Blueberries ?
Lors d’un prélèvement, PerseverancePerseverance a ainsi noté la présence d’un bloc rocheux isolé présentant une texturetexture pour le moins étrange. La roche, nommée St. Pauls Bay par les scientifiques suivant l’évolution du rover, semble en effet être un assemblage de centaines de petites sphérules de couleur sombre. Une structure qui détonne avec la nature des roches environnantes, visiblement d’origine sédimentaire, mais qui n’est pas sans rappeler la roche dite Martian Blueberries (« myrtillesmyrtilles martiennes ») identifiée par le rover Opportunity en 2004 dans un tout autre environnement, ou encore les sphérules de Yellowknife Bay dans le cratère Gale, découvertes par le rover Curiosity.
Bien qu’étonnantes à première vue, ces formations géologiques n’ont rien de particulièrement rare (du moins sur Terre) et peuvent se former dans plusieurs contextes géologiques très différents. Le plus souvent, les sphérules sont en effet d’origine concrétionnaire, c’est-à-dire qu’elles se forment par la circulation d’eau à travers des sédimentssédiments ou des roches. L’eau va en effet dissoudre, transporter puis déposer des minérauxminéraux, qui vont alors former des concrétionsconcrétions dont la forme et la taille vont dépendre des conditions du milieu.
Concrétions ou témoins d’un impact météoritique ?
Il est toutefois possible de trouver des sphérules d’une tout autre origine. Ces petites boules minérales peuvent en effet également se former lors du refroidissement rapide de petites gouttes de roche fondue. Elles peuvent ainsi se former lors d’une éruption volcaniqueéruption volcanique, ou bien à la suite d’un violent impact météoritique.
La question est désormais de savoir à quelle catégorie appartiennent les sphérules de St. Pauls Bay. Jusqu’à présent, les sphérules identifiées sur Mars ont toutes été interprétées comme d’origine concrétionnaire, mais des observations plus précises vont être nécessaires pour savoir si c’est également le cas ici. Quel que soit le résultat, les scientifiques pourront en tirer des conclusions importantes pour l’histoire géologique du cratère Jezero.