De combien va s’élever le niveau des mers dans le futur ? Afin d’anticiper au mieux ce phénomène qui menace les populations côtières partout dans le monde, les scientifiques effectuent des comparaisons avec la dernière déglaciation. Et les nouveaux résultats ne sont pas rassurants…
L’une des conséquences du réchauffement climatique est la hausse du niveau marin. Ce phénomène s’explique par la dilatationdilatation de l’eau sous l’effet de l’augmentation de la température, mais aussi par la fontefonte des glaces des calottes polaires et autres glaciers continentaux.
En raison de la menace que représente cette hausse sur les populations côtières (et elles sont nombreuses), estimer correctement son amplitude et sa vitessevitesse devient de plus en plus important. Pour cela, les scientifiques effectuent des modélisationsmodélisations qui se basent sur notre connaissance de la réponse du niveau marin face à l’évolution du climat au cours de l’histoire terrestre. Une connaissance qui est pour l’instant encore très incomplète, notamment pour les très courtes échelles de temps.
Réchauffement climatique actuel : comparaison avec la période de déglaciation de l’Holocène
Un événement qui sert habituellement de référence pour estimer la hausse du niveau marin dans un futur proche est l’épisode de déglaciation qui s’est produit au début de l’Holocène. Il y a 11 700 ans, la dernière glaciation prend fin. La fonte massive et rapide de l’imposante couverture glaciaire qui recouvre une bonne part de l’hémisphère Nord entraîne alors une hausse notable du niveau marin.
Pour certains chercheurs, la situation actuelle peut être comparée à cette période de réchauffement climatique, aidant à anticiper l’amplitude de la hausse du niveau de la mer. Toutefois, une grande imprécision régnait sur l’estimation de la hausse durant l’Holocène. Elle était ainsi estimée entre 32 et 55 mètres pour la période allant de 11 000 à 3 000 ans.
Une hausse rapide qui a atteint par moment un mètre par siècle
Grâce à de nouvelles données obtenues par des études sédimentaires en mer du Nordmer du Nord, une équipe de chercheurs a cependant pu affiner cette estimation. Les résultats, publiés dans la revue Nature, indiquent ainsi que la hausse globale aurait été de 38 mètres. Elle aurait connu deux pics marqués par une accélération du phénomène, avec une élévation de plus d’un mètre par siècle !
Actuellement, la vitesse est de 30 centimètres par siècle pour la région étudiée, mais certains modèles prévoient une accélération qui pourrait être aussi dramatique que celle de l’Holocène. Cette meilleure compréhension de la réponse du niveau marin face au changement climatique devrait aider à renforcer les modèles et à mieux anticiper les zones qui risquent d’être submergées dans un futur proche.