Pourquoi le risque de développer la maladie de Parkinson est-il deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes ? Une nouvelle étude américaine suggère que le système immunitaire pourrait jouer un rôle clé dans cette différence.
Alors que la Journée mondiale Parkinson aura lieu le 11 avril prochain, une découverte scientifique apporte un nouvel éclairage sur cette maladie neurodégénérative qui touche plus de 10 millions de personnes dans le monde. On sait que les hommes sont presque deux fois plus susceptibles que les femmes de développer la maladie de Parkinson, mais les raisons de cette disparité restent floues. L’étude récente parue dans Journal of Clinical Investigation répond en partie : en cause, le système immunitaire masculin qui réagirait plus agressivement à une protéine clé du cerveau, PINK1.
Parkinson : et si notre système immunitaire jouait un rôle clé ?
Des chercheurs de l’Institut d’immunologie de La Jolla, en Californie, ont découvert que chez les hommes atteints de la maladie de Parkinson, les lymphocytes T, des cellules du système immunitaire, attaquent une protéine clé du cerveau appelée PINK1. Cette protéine, normalement inoffensive, joue un rôle essentiel dans la régulation énergétique de nos cellules cérébrales. Or, dans certains cas, le système immunitaire semble la confondre avec un agent pathogènepathogène et déclencher une réaction qui pourrait entraîner la destruction progressive des neuronesneurones.
Les résultats de l’étude sont sans appel : chez les hommes atteints de Parkinson, les cellules immunitaires attaquant PINK1 sont six fois plus nombreuses que chez des sujets sains. Chez les femmes malades, cette multiplication est bien plus faible (0,7 fois). Si cette différence immunitaire ne suffit pas à expliquer à elle seule pourquoi les hommes sont plus touchés par la maladie, elle pourrait être un facteur clé parmi d’autres dans la progression de la maladie de Parkinson.
Vers un dépistage et des traitements innovants ?
Cette hypothèse ouvre de nouvelles perspectives. D’abord, la possibilité de développer un test sanguin qui permettrait d’identifier ces cellules immunitaires spécifiques bien avant l’apparition des premiers symptômessymptômes. Actuellement, le diagnosticdiagnostic de Parkinson intervient souvent tardivement, lorsque les neurones sont déjà massivement détruits. Un dépistagedépistage précoce pourrait permettre d’agir en amont et de ralentir la progression de la maladie.
Cette découverte pourrait également ouvrir la voie à de nouveaux traitements ciblant directement la réponse immunitaire. « Nous pourrions potentiellement développer des thérapiesthérapies pour bloquer ces cellules TT, maintenant que nous savons pourquoi ces cellules ciblent le cerveau », explique l’immunologiste Cecilia Lindestam Arlehamn. Une approche qui, à terme, pourrait transformer la prise en charge de la maladie en s’attaquant à l’un de ses mécanismes sous-jacents, et non plus seulement à ses symptômes.