Les hantavirus sont des virus présents sur tous les continents, transmis à l’Homme par l’inhalation de poussières contaminées par les excréments de rongeurs infectés. Ils peuvent provoquer des maladies graves sous deux formes principales : une fièvre hémorragique avec atteinte rénale en Europe et en Asie, et un syndrome cardio-pulmonaire en Amérique, dont la mortalité peut dépasser 10 %. Il n’existe ni traitement spécifique ni vaccin.
La récente médiatisation du décès de Betsy Arakawa, épouse de l’acteur Gene Hackman, attribuée à une infection par hantavirus, a remis cette maladie rare, mais potentiellement mortelle, sur le devant de la scène. De quoi s’agit-il et comment peut-on s’en protéger ?
Les hantavirus constituent une famille de virus présents sur tous les continents. Contrairement à de nombreux virus transmis par des moustiquesmoustiques ou des tiques, les hantavirus ont pour hôtes naturels certaines espècesespèces de rongeursrongeurs (rats, mulots…) qui, après infection, deviennent des porteurs sains. Ces animaux, ne présentant aucun symptôme, excrètent le virus dans leurs urines, leurs déjections et leur salive.
La contamination humaine se produit généralement par inhalationinhalation de poussières ou d’aérosolsaérosols contaminés par les excréments des rongeurs infectés. Les situations à risque incluent :
- les activités en forêt ;
- l’exploration de locaux proches des zones boisées et longtemps inhabitées ;
- les travaux agricoles dans des zones rurales où les rongeurs prolifèrent.
Deux formes cliniques distinctes selon les continents
Lorsqu’ils infectent l’être humain, les hantavirus peuvent provoquer des maladies de gravitégravité variable, parfois mortelles, qui se présentent sous deux formes principales selon la région géographique :
En Europe et en Asie où la maladie prend la forme d’une « fièvrefièvre hémorragique à syndromesyndrome rénal ». Elle débute souvent par des symptômes ressemblant à ceux de la grippegrippe : fièvre, maux de tête, douleursdouleurs musculaires, douleurs abdominales et/ou thoraciques, frissons… En Europe, le virus de Puumala, qui est la forme la plus répandue d’hantavirus, présente un taux de létalité relativement faible (0,4 %).
Sur le continent américain, le virus se manifeste par un syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus. Le taux de mortalité peut dépasser les 10 %. Betsy Arakawa a succombé à cette forme du virus.
Pas de traitement spécifique…
L’un des aspects préoccupants de l’infection à hantavirus est l’absence de traitement spécifique et de vaccinvaccin. La prise en charge médicale consiste essentiellement à traiter les symptômes et à fournir des soins de support, particulièrement en cas d’atteinte rénale ou respiratoire sévère.
La prévention pour s’en protéger
En France, les personnes les plus exposées aux hantavirus sont celles qui, dans les zones géographiques touchées (Guyane, et quart Nord Est de la France), vivent à proximité d’une forêt ou autres habitats propices aux rongeurs (champs, fermes)… Pour réduire les risques d’infection, il est recommandé :
- d’éviter tout contact avec les rongeurs sauvages ;
- de porter un masque lors du nettoyage de locaux longtemps fermés ou potentiellement infestés ;
- de nettoyer à l’eau de Javel les zones souillées par des excréments de rongeurs ;
- d’aérer les locaux avant d’y pénétrer s’ils ont été longtemps inhabités.