Un océan souterrain sur Mars ? La Nasa pourrait bien avoir trouvé des indices !

paultensor
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L’hypothèse, déjà soulevée il y a quelques mois, revient dans une nouvelle étude : les données sismiques acquises par InSight sur Mars pourraient suggérer la présence d’eau liquide dans la croûte martienne, entre 10 et 20 kilomètres de profondeur. Les arguments se renforcent, même si cette idée nécessite d’être confortée par d’autres types de données.

En 2018, un atterrisseur bourré d’instruments scientifiques se posait sur Mars. Son nom : InSight, pour Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport. Son but : sonder l’intérieur de Mars pour mieux comprendre sa structure interne et sa géodynamique. La mission, désormais terminée, fut un succès. Via l’analyse des ondes sismiques produites par des petits séismesséismes souvent produits par des chutes de météorites, les chercheurs ont ainsi pu apporter de nouvelles et importantes contraintes sur la structure interne de la planète, et notamment de sa croûte. De précédentes études ont ainsi montré que la croûte martienne était caractérisée, au moins dans la zone couverte par InSight, de trois niveaux, démarqués par deux discontinuités majeures situées à 10 et 20 kilomètres de profondeur.

Une croûte martienne loin d’être homogène

Il faut savoir que la croûte terrestrecroûte terrestre elle-même n’est pas du tout homogène et la présence de discontinuités observées dans les données sismiques constitue toujours une observation importante, car elles témoignent de changements dans les paramètres physico-chimiques ou mécaniques de la croûte. La discontinuité, située à 10 kilomètres de profondeur, a ainsi été précédemment interprétée comme étant liée à une variation de composition et plus particulièrement à une transition entre du matériel d’origine volcanique et des dépôts d’éjectas. La discontinuité située à 20 kilomètres serait quant à elle associée à une transition entre des matériaux poreux et non poreux.

Toutefois, deux chercheurs japonais avancent une autre explication à la présence de ces discontinuités dans la croûte martienne. Selon eux, il serait en effet possible qu’elles soient associées à la présence d’un niveau d’eau liquide en profondeur. Une hypothèse qui rejoint celle déjà annoncée en août 2024 par une autre équipe dans la revue PNAS.

De l’eau stockée dans la croûte moyenne, entre 10 et 20 km de profondeur ?

La présence d’eau dans la porosité et les fractures de la croûte peut en effet impacter la vitesse des ondes sismiquesondes sismiques. La transition entre un niveau sec et un niveau hydraté serait alors imagée par une discontinuité. Se pourrait-il que celles observées dans la croûte martienne proviennent d’un changement d’hydratation ? Une hypothèse fascinante, puisqu’elle pourrait ouvrir la voie à la présence d’une vie microbienne dans les profondeurs de Mars.

Les chercheurs ont ainsi testé cette idée en réalisant des expériences reproduisant les conditions de la croûte martienne en l’absence ou présence d’eau interstitielle, liquideliquide ou gelée. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Geology. Ils laissent penser que l’évolution des vitesses sismiques observées par le sismomètresismomètre d’InSight pourrait être associée en effet à un changement d’hydratation des roches de la croûte. Les résultats des expérimentations corrèlent ainsi avec la présence d’un niveau hydraté, entre 10 et 20 kilomètres de profondeur. D’après les chercheurs, cette interprétation explique mieux les données sismiques que celle faisant intervenir une évolution de la composition ou de la porosité.

Une hypothèse qui reste à vérifier

Les fractures de la croûte moyenne de Mars pourraient donc renfermer de l’eau liquide. Une hypothèse qu’il faudrait cependant tester avec d’autres types de données. Des mesures électromagnétiques pourraient s’avérer judicieuses, étant donné la sensibilité de la conductivitéconductivité électrique à la présence d’eau dans le sous-sol. Mais, comme la présence d’eau liquide en surface dans le passé lointain de Mars est désormais attestée par de nombreuses observations, l’existence d’un réservoir résiduel en profondeur ne paraît pas impossible. Si vie martienne il y a, peut-être se cache-t-elle dans les profondeurs de la croûte ?

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