Pourquoi ces rongeurs sont-ils devenus complètement verts ?

paultensor
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Dans un lac du nord-est argentin proche de l’Uruguay, de gros rongeurs autochtones, les cabiaïs, arborent ces derniers jours une singulière couleur verte: l’effet de cyanobactéries, phénomène de microalgues naturel mais à la prolifération en partie liée au réchauffement climatique.

De grands cabiaïs (Hydrochoerus hydrochaeris), ou « carpinchos » selon leur nom local, de massifs rongeurs pouvant dépasser 50 kilos, ressortent de l’eau le pelage couvert d’une substance poisseuse d’un vert rappelant le personnage Hulk, à chaque trempette dans le lac Salto Grande, a constaté jeudi l’AFP.

Le vaste lac artificiel frontalier entre Argentine et Uruguay, proche d’un barrage, a une apparence d’ensemble bleu-vert, et dégage une forte odeur de pourri, a observé l’AFP. Nombre de poissons morts jonchent ses rives, par endroits recouvertes d’une épaisse couche verdâtre.

De la pollution ? Plus précisément des cyanobacteries, des microalgues « présentes dans tous les systèmes aquatiques, où ils ont pour rôle important de fixer le dioxyde de carbone », explique à l’AFP Diego Frau, biologiste à l’institut public de recherche argentin Conicet, et spécialiste du phytoplancton.

Une couleur due aux fortes chaleurs

Mais sous certaines conditions locales, comme cet été austral entre « hautes températures, rares précipitations (et) bas niveau d’eau », ces organismes « croissent de manière démesurée » et conduisent à une appauvrissement du milieu en oxygène, mettant en danger les organismes présents, ajoute Martin Novoa, biologiste a l’Université de Concordia, près du Salto Grande.

Saisonnières, « les proliférations de cyanobactéries existent depuis toujours ». Mais « il y a un effet du changement climatiquechangement climatique (…) des changements de modèles de température et précipitations », ce « qui conduit à des proliférations en plus en plus récurrentes », souligne M. Frau.

Les dernières semaines ont vu des vaguesvagues de chaleurchaleur dans le centre et nord argentins. Dans la vaste province de Buenos Aires, plusieurs communes ont récemment émis une alerte en vue d’une détection précoce de cyanobactéries, dont la floraison peut durer plusieurs semaines.

Une phénomène amusant mais loin d’être sans danger

Potentiellement toxiques tant pour les animaux que pour les êtres humains, ce type de cyanobactéries peut générer chez ces derniers des « problèmes cutanéscutanés » en cas d’exposition légère. Voire produire des toxinestoxines engendrant, en cas de contactcas de contact avec les muqueusesmuqueuses, des symptômessymptômes de diarrhéediarrhée, vomissements, maux de têtes, « semblables à la grippegrippe », selon M. Novoa.

En cas d’exposition prolongée, « des problèmes hépatiques et du système nerveux ont aussi été recensés », ajoute-t-il. « Et les pauvres carpinchos vivent là, eux. »

 

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