Le risque pour que la collision se produise en 2032 n’est, pour l’heure, que d’à peine plus de 2 %. Mais si l’impact devait avoir lieu, les astronomes ont-ils déjà une idée de l’endroit où l’astéroïde 2024 YR4 frapperait ? C’est d’autant plus important à savoir que l’objet aurait la capacité de réduire à néant une ville entière de la taille de Paris.
2024 YR4. Depuis quelques jours, le nom de cet astéroïde est sur toutes les lèvres. Parce qu’il a été identifié comme faisant partie de la famille des astéroïdes géocroiseurs. Comprenez, de ces objets qui, à un moment ou à un autre, croisent l’orbite de la Terre. Plus que ça, il semble présenter un risque de collision avec notre Planète plus important que n’importe quel autre astéroïde. Même s’il est question ici d’un risque de seulement 2,3 %, les astronomesastronomes prennent la menace au sérieux.
Ils ont même décidé de mobiliser du « temps d’observation d’urgence » du télescope spatial James-Webb pour en apprendre plus sur cet astéroïde qui pourrait menacer la Terre. Sur sa taille, notamment. Une donnée importante pour déterminer à quel point il ferait des dégâts en cas d’impact.
Le saviez-vous ?
Les experts en défense planétaire, ceux qui cherchent à protéger notre Terre de la menace des astéroïdes, estiment qu’il tombe sur notre Planète, un objet de la taille de l’astéroïde 2024 YR4 environ tous les 1 000 ans. Le dernier est entré en collision avec notre Terre du côté de la Sibérie, en 1908…
Mais déjà, d’aucuns se sont penchés sur la question de savoir à quel endroit de notre Planète l’astéroïde viendrait s’écraser en décembre 2032. Un certain David Rankin, notamment, ingénieur du projet Catalina Sky Survey, dévoile un « couloir de risque » calculé en tenant compte de la trajectoire actuelle de l’astéroïde.
Un couloir de risque de l’Amérique du Sud à l’Asie
Il y a quelques jours, un spécialiste de l’animation 3D, Alvaro Gracia Montoya, mettait en ligne une vidéo qui montre un objet de la taille supposée de l’astéroïde 2024 YR4 s’écrasant sur la ville de New York et y occasionnant des dégâts considérables. Réalité ou fiction ? Selon les calculs de David Rankin, si l’astéroïde venait réellement à croiser la route de notre Terre le 22 décembre 2032, il devrait le faire quelque part sur une bande assez étroite qui s’étend du nord de l’Amérique du Sud jusqu’en Asie en passant par le Pacifique et l’Afrique subsaharienne.
Aucun risque à l’horizon jusqu’ici, donc, pour New York. En revanche, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, l’Éthiopie, le Soudan, le Nigéria, le Venezuela, la Colombie ou encore l’ÉquateurÉquateur pourraient être touchés. Et ainsi, plusieurs régions densément peuplées. La ville de Chennai, en Inde ou encore l’île d’Hainan, en Chine, par exemple.
Des dégâts qui pourraient être considérables
David Rankin précise toutefois que les régions situées à l’extrémité finale de son « couloir de risque » seraient moins brutalement touchées. Car l’impact se ferait de manière moins directe. Mais le chercheur manque encore d’informations pour en dire plus.
Ce que David Rankin se risque tout de même à avancer, c’est que l’explosion serait d’une ampleur similaire à celle qui a secoué la Sibérie en 1908. Lorsqu’un objet mesurant entre 30 et 50 mètres de diamètre, et connu sous le nom de météoremétéore de Toungouska, a balayé quelque 80 millions d’arbresarbres sur plus de 2 000 kilomètres carrés – c’est deux fois la superficie de New York. Heureusement dans une région inhabitée.
L’explosion a été estimée équivalente à celle de 15 mégatonnes de TNT. De quoi renverser des immeubles et tuer des gens sur un rayon de 19 kilomètres. Pour la Nasa, l’explosion de l’astéroïde 2024 YR4 serait un peu moins puissante. L’équivalent de celle de 8 tonnes de TNT ou de 500 fois, tout de même, la bombe nucléaire qui a explosé sur Hiroshima en août 1945. Ainsi, si l’astéroïde tombait près des côtes, il pourrait engendrer un tsunamitsunami. Et s’il tombait sur une région peuplée, les dégâts pourraient être considérables.
« Des villes de la taille de Paris ou de New York pourraient être rayées de la carte. » Heureusement, si le mauvais augure devait se confirmer, les scientifiques pourraient avoir la possibilité de trouver, d’ici là, un moyen d’au moins atténuer la menace. Et si, finalement, ils ne devaient pas trouver de solution adéquate, les autorités devraient avoir encore suffisamment de temps devant elles pour faire évacuer les zones en danger.