Alors que la Nasa fait face à une réévaluation critique de ses programmes spatiaux, le lanceur lourd SLS de Boeing est sous pression, suscitant des débats intenses sur son coût et son utilité. Mais s’il est de plus en plus question de l’abandonner, quel sera l’avenir du programme Artemis et qui transportera les astronautes américains ?
Récemment, de nombreux articles ont évoqué la possibilité d’une annulation du lanceur lourd SLS (Space Launch System) de Boeing, conçu pour soutenir les vols habitésvols habités du programme Artemis. Bien que le SLS n’ait effectué qu’un unique vol, celui-ci a été couronné de succès avec Artemis I. Néanmoins, ce succès s’accompagne d’un prix exorbitant : le développement du programme a coûté près de 24 milliards de dollars, avec des dépenses d’exploitation estimées à 4 milliards de dollars par lancement pour les quatre premières missions Artemis. De telles sommes alimentent de vives critiques quant à l’efficacité économique du SLS, surtout face à l’alternative du Starship de SpaceX.
Avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence, une volonté de réévaluer les dépenses publiques dans divers domaines s’est clairement manifestée. Naturellement, la Nasa n’est pas à l’abri d’une remise en question de plusieurs de ses programmes phares, notamment ceux liés à l’observation de la Terreobservation de la Terre, la science, l’exploration et les vols habités.
Les coûts astronomiques menacent le SLS
Dans ce contexte, le programme SLS, tel qu’il existe aujourd’hui, semble menacé d’abandon dans les semaines à venir. Jared Isaacman, le futur patron de la Nasa et entrepreneur averti, a exprimé des réserves quant au SLS, soulignant ses retards et son utilité incertaine pour les vols habités. Consciente des critiques et du fait que son lanceur ne fait pas l’unanimité, Boeing a déjà demandé à ses équipes de se préparer à une possible cessation du programme dès mars, malgré les déclarations de la Nasa, qui continue de défendre la nécessité de ce lanceur pour le programme Artemis visant un retour sur la Lune. Cependant, cela nous paraîtrait très surprenant que la mission Artemis 2Artemis 2 soit abandonnée alors que le lanceur est en cours d’assemblage. Cet abandon de mission coûterait plus cher qu’à la poursuivre. Une situation qui plonge dans l’expectative les responsables de la mission Artemis II, dont le lancement est prévu en avril 2026.
Les préoccupations concernant les coûts élevés du SLS ne sont pas nouvelles et ont suscité des controverses bien avant l’arrivée de l’administration actuelle. Soutenu par des considérations politiques et des enjeux économiques, le SLS a bénéficié d’un soutien bipartisan important, rendant son annulation peu probable à première vue, surtout dans les États qui tirent des bénéfices économiques du programme. Cependant, Trump est un président qui ne craint pas de prendre des décisions tranchées.
L’impact de l’administration Trump sur la Nasa
À cela s’ajoute que la vision du président Trump, qui met l’accent sur l’exploration de Mars tout en ne renonçant pas complètement à la Lune, pourrait rendre le SLS redondant. Dans ce contexte, l’administration Trump pourrait pousser la Nasa à réévaluer ses priorités et à restructurer le programme Artemis, ouvrant ainsi la voie à des ambitions martiennes bien plus audacieuses. Toutefois, cette incertitude pourrait également forcer la Nasa à reconsidérer la conception et l’échelle des missions Artemis, tout en favorisant des synergiessynergies avec SpaceXSpaceX. En effet, SpaceX, avec son Starship, se positionne comme un concurrent de taille, grâce à un modèle économique à prix fixe qui offre une plus grande flexibilité budgétaire par rapport aux coûts fluctuants du SLS.
Bien que le Starship n’ait pas encore terminé son développement et que sa mise en service opérationnelle soit soumise à plusieurs étapes technologiques, comme le transfert de carburant en orbite et des missions convaincantes sur la Lune, il représente néanmoins une alternative progressivement viable.
Cela dit, malgré ces incertitudes, le SLS conserve une certaine pertinence en tant que lanceur pour des vols de logistiques et de grandes missions d’exploration robotiquerobotique vers le Système solaireSystème solaire externe. Il est également essentiel de rappeler que la Nasa, comme toutes les agences spatiales, ne peut pas dépendre d’un seul lanceur pour répondre à ses divers besoins. D’autres lanceurs, comme le New Glenn de Blue Origin et le Vulcan d’ULA, représentent des options intéressantes, mais leurs performances actuelles ne couvrent pas l’ensemble des attentes de l’agence américaine.