Un débris spatial qui entre en collision avec un avion de ligne. Ce n’est encore jamais arrivé. Mais des chercheurs estiment aujourd’hui que le risque augmente chaque jour un peu plus.
Sur les 50 dernières années, la Nasa n’a pas enregistré plus d’une chute de débris spatial au sol par jour. Et aucun accidentaccident grave. Pour cause, les débris spatiaux restent peu nombreux à tomber de manière incontrôlée et sur une surface du globe que nous, êtres humains, sommes loin d’occuper pleinement. Le risque semble donc vouloir rester faible.
Même si l’affaire d’une maison touchée par un débris de la Station spatiale internationale, il y a presque un an en Floride (États-Unis), a défrayé la chronique.
Débris spatiaux contre avions de ligne
Il semblerait toutefois que la donne change lorsque l’on se place du point de vue des passagers d’un avion de ligne. C’est ce que des chercheurs de l’université de Colombie-Britannique (Canada) expliquent dans la revue Scientific Reports. Selon leurs calculs, le risque de voir un débris spatial heurter un avion — avec les conséquences désastreuses que cela suppose — ne cesse de grandir. En cause, à la fois l’accroissement du trafic aérien et le déploiement massif de satellites. Comme ceux de la constellation StarlinkStarlink de SpaceXSpaceX. Car ils finiront, tôt ou tard, par retomber sur Terre.
« Les régions autour des grands aéroports ont 0,8 % de chance par an d’être touchées par une rentrée incontrôlée », rapportent les chercheurs. « Ce taux monte à 26 % pour les zones plus grandes, mais qui restent très fréquentées, comme celles que l’on trouve dans le nord-est des États-Unis, dans le nord de l’Europe ou autour des grandes villes de la région Asie-Pacifique. » Le risque est d’autant plus grand que même un tout petit morceau de fuséefusée peut causer des dommages graves à un avion de ligne.
La responsabilité des constructeurs d’engins spatiaux
Pour éviter que des espaces aériens de plus en plus grands ne doivent être fermés souvent, les chercheurs rappellent les constructeurs d’engins spatiaux à leurs responsabilités. Ils leur demandent d’investir dans des technologies de rentrée contrôlée des fusées dans l’atmosphèreatmosphère. Elles existent. Mais moins de 35 % des lancements en sont équipés. Il serait dommage d’attendre qu’une catastrophe aérienne survienne avant d’agir…