Pourquoi ces « super polluants » devraient nous inquiéter au moins autant que le CO2

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La lutte contre les émissions de CO2 nuisibles à notre climat est (plus ou moins) engagée. Mais d’autres polluants tiennent un rôle important dans le réchauffement de notre Planète. Et s’en préoccuper permettrait d’obtenir des résultats spectaculaires, à la fois en matière de limitation de la hausse des températures et en matière de santé publique.

Lorsqu’il est question de lutte contre le réchauffement climatique anthropique, il est généralement question, au moins dans l’esprit du grand public, de baisse des émissionsémissions de dioxyde de carbone (CO2). Parce que les médias ont rapidement pris ce raccourci. Gaz à effet de serre égale CO2. Mais la réalité scientifique est tout autre. Car le CO2 n’est finalement responsable « que » de 55 % environ de la hausse des températures. Les 45 % restants sont le fait d’autres gaz à effet de serre ou d’aérosols que les chercheurs aiment à appeler des super polluants.

Un danger invisible s’accumule dans l’atmosphère : un gaz sous-estimé atteint un niveau jamais vu depuis 800 000 ans !

L’un d’entre eux a commencé à se faire une place dans les médias. Le méthane (CH4). Et c’est mérité, car il est le deuxième plus grand contributeur au réchauffement climatique anthropique. Sa présence dans notre atmosphère, si elle demeure largement moins importante que celle du CO2, a littéralement explosé, alors qu’elle était de l’ordre de 1 650 parties par milliard (ppmppm) en 1985, elle est désormais montée à presque 1 950 ppm. Trop peu de mesures visent encore la réduction de ces émissions, la plupart venant de l’élevage et de la production de riz, mais aussi de l’extraction, du stockage et de la distribution des combustibles fossiles – des fuites, notamment, qui pourraient être faciles à combler.

Le noir de carbone, un super polluant parmi d’autres

Pourtant, des études montrent que la mise en œuvre de mesures visant ces émissions de super polluants pourrait éviter quatre fois plus de réchauffement d’ici 2050 que celle de mesures se concentrant sur le CO2. CeriseCerise sur le gâteau, limiter la présence de ces gaz à effet de serre et de ces aérosols dans notre atmosphère éviterait également quelque 2,4 millions de décès chaque année dus à la pollution.

En Europe, la pollution est responsable d’un décès sur huit

En la matièrematière, celui que les scientifiques nomment le noir de carbone – mais que l’on appelle plus communément suie – est l’un des plus néfastes. Il est l’un des composants de la pollution atmosphérique aux particules finesparticules fines (PM2,5). Les chercheurs le désignent responsable de morts prématurées chez les adultes souffrant de maladies cardiaques ou pulmonaires, responsables également d’accidentsaccidents vasculaires cérébraux, de crises cardiaquescrises cardiaques ou même de problèmes de développement chez les nouveau-nés. Les études lui attribuent ainsi 4 à 8 millions de décès par an dans le monde.

Le noir de carbone est produit par la combustioncombustion incomplète du boisbois, des biocarburantsbiocarburants et des combustiblescombustibles fossilesfossiles. Et d’un point de vue du climatclimat, il a un impact jusqu’à 1 500 fois supérieur à celui du CO2. Parce qu’il réduit la réflectivité de la neige sur laquelle il se dépose, par exemple. Avec pour résultat, une accélération de la fonte des glaces.

Prendre des mesures pour limiter les émissions de super polluants

Parmi les autres super polluants, on peut citer l’ozone troposphériqueozone troposphérique (O3) – qui a surtout un impact sur la santé -, les hydrofluorocarbures (HFC) – qui peuvent être jusqu’à 15 000 fois plus réchauffants que le CO2 sur 100 ans – ou encore le protoxyde d’azoteprotoxyde d’azote (N2O) – qui compte pour environ 6 % du réchauffement à long terme. Tous sont de plus en plus présents dans notre atmosphère.

Leurs effets, à la fois sur le climat et très directement sur la santé humaine, poussent les chercheurs à encourager les décideurs politiques à s’engager aussi sur la voie de la réduction des émissions de ces super polluants. D’autant que des actions mises en œuvre en ce sens donneraient des résultats spectaculaires sur le court terme.

D’ores et déjà, à l’occasion de la COP26 qui s’est tenue à Glasgow (Écosse) en 2021, un engagement mondial a été signé par 158 pays et l’Union européenne visant à limiter les émissions de méthane. Le Global Methane Pledge. Les intentions sont bonnes. L’objectif affiché : une réduction d’au moins 30 % par rapport au niveau de 2020 dès 2030. Mais dans les faits, les émissions de CH4 ont pris la voie d’une augmentation de 5 à 13 % sur la même période…

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