Une étude, menée au Pays de Galles sur plus de 280 000 personnes âgées de 71 à 88 ans, attribue un effet secondaire inattendu mais prometteur au vaccin Zostavax : une réduction de 20 % du risque de développer une démence.
Quelque 1,3 million de personnes en 2023, 2,2 millions attendues d’ici 2050, et 225 000 nouveaux cas chaque année : ces chiffres alarmants illustrent la progression de la maladie d’Alzheimer et autres formes de démence en France. Face à cette réalité, la recherche s’accélère pour mieux comprendre, prévenir et ralentir le déclin cognitif. Et si une piste se trouvait là où on ne l’attendait pas ? Une récente étude américaine, parue dans Nature, vient jeter un pavé dans la mare : les personnes ayant reçu un vaccin contre le zona présenteraient un risque significativement réduit de développer la maladie d’Alzheimer.
Un effet secondaire bénéfique et inattendu du vaccin Zostavax
L’étude menée par des chercheurs de l’université de Stanford portait initialement sur l’efficacité du vaccin Zostavax, conçu pour prévenir le zona, une réactivationréactivation du virus de la varicelle appartenant à la famille des herpèsherpès. Et si les résultats ont confirmé son efficacité, ils ont également révélé un bénéfice inattendu.
Des résultats prometteurs, notamment chez les femmes
Les résultats sont sans équivoque : les personnes vaccinées ont présenté une réduction moyenne de 20 % du risque de développer une démence. Ce bénéfice semble plus marqué chez les femmes, même si les chercheurs n’expliquent pas encore pourquoi. Cette différence pourrait être liée à des facteurs biologiques, immunitaires ou encore hormonaux, mais des études complémentaires seront nécessaires pour le confirmer.
Une méthodologie fiable, proche d’un essai clinique randomisé
Ce qui rend cette étude particulièrement intéressante, c’est la solidité de sa méthode. Jusque-là, les recherches sur les liens entre vaccination et démence étaient critiquées pour leurs biais, notamment car les personnes qui se vaccinent ont souvent une meilleure hygiène de vie, un suivi médical plus rigoureux, ou un niveau d’éducation plus élevé, autant de facteurs qui peuvent fausser les résultats.
Ici, les chercheurs ont profité d’une situation unique, où seuls les Gallois qui avaient atteint 79 ans à une date précise étaient éligibles à la vaccinationvaccination. Cette règle a permis de constituer naturellement deux groupes presque identiques, l’un vacciné, l’autre non. Résultat, une comparaison quasi expérimentale, qui peut s’apparenter à un essai cliniqueessai clinique randomisé.
Un lien entre virus et maladies neurodégénératives
Cette découverte s’inscrit dans une hypothèse scientifique, celle du rôle des virus et notamment celui de l’herpès dans le développement de la maladie d’Alzheimer.
En effet, ce type de virus reste en sommeilsommeil dans les cellules nerveuses et peut se réactiver sous l’effet de facteurs comme le stressstress, la fatigue ou le vieillissement. Lorsque cela se produit, ils peuvent provoquer des inflammationsinflammations dans le cerveaucerveau, un facteur reconnu dans le développement de troubles cognitifs.
Cette étude laisse penser que le vaccin pourrait jouer un rôle protecteur global sur le cerveau en limitant les effets inflammatoires liés à certaines infections virales. Bien que les mécanismes précis restent à éclaircir, ces résultats ouvrent des pistes encourageantes pour la préventionprévention.