La planète se réchauffe. Les glaces continuent de fondre. Résultat, en ce début d’année 2025, l’étendue de la banquise mondiale a atteint un « minimum historique ». Et c’est inquiétant.
Jamais jusqu’ici, les scientifiques n’avaient enregistré un niveau aussi faible d’étendue de glace de mer dans le monde. La banquise antarctique vient d’atteindre son minimum annuel. Il est le deuxième plus bas jamais enregistré. À égalité avec 2022 et 2024. Ces quatre dernières années sont, pour l’instant, les seules à avoir affiché un minimum de glace de mer inférieur à 2 millions de kilomètres carrés (km²). Selon la NasaNasa, avec un minimum à 1,98 km2, l’étendue de la glace de mer en Antarctique était de 30 % inférieure à ce qu’elle était avant 2010.
L’Arctique face à une fonte record de sa glace de mer
Mais c’est surtout du côté de l’Arctique que les chiffres s’affolent. Selon les données du National Snow and Ice Data CenterData Center (NSIDC, États-Unis), le maximum de la banquise vient d’être atteint pour 2025 avec 14,33 millions de km² d’océan couverts de glace. C’est 1,31 million de km² de moins que la moyenne de 1981-2010 et même 800 000 km² de moins que le précédent minimum enregistré en 2017.
Résultat, selon le Copernicus Climate Change Service (C3S, Europe), l’étendue de la banquise mondiale a atteint un « minimum historique » en février de cette année. Les scientifiques attribuent le phénomène notamment à des températures au-dessus des moyennes. Dans certaines régions, dès le mois de décembre. Dans les autres, à partir du mois de janvier. Les températures sur l’Arctique ont parfois atteint jusqu’à 12 °C au-dessus de la moyenne au mois de février dernier.
Quelles seront les conséquences de cette perte de banquise ?
« Nous allons aborder le prochain été – de l’hémisphère Nord – avec moins de glace dès le départ », remarque Linette Boisvert, spécialiste des glaces au Goddard Space Flight CenterGoddard Space Flight Center, dans un communiqué de la Nasa. « Cela n’augure rien de bon pour l’avenir. »
Parce que, rappelons-le une fois encore, ce qui se passe aux pôles ne reste pas aux pôles. La disparition des glaces de mer affaiblit bien sûr les populations d’ours polaires qui dépendent de la banquise pour chasser et élever leurs petits. Mais les scientifiques estiment qu’elle a des répercussions plus générales sur notre climat et notre météométéo. Une très récente étude de chercheurs de l’Université de Göteborg (Suède) et de l’Institut Alfred WegenerAlfred Wegener (Allemagne) et parue dans le Journal of Geophysical Research Oceans fait ainsi craindre que la réduction de la glace de mer dans la région ne conduise à un point de basculement où un courant océanique majeur (la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique, Amoc) s’effondre, bouleversant les conditions de vie en Scandinavie.