Si le fait de gagner une dizaine de degrés en l’espace d’une journée nous paraît beaucoup, imaginez un écart de plus de 37 °C entre le matin et l’après-midi, en moins de 10 heures : c’est ce qu’ont vécu les habitants d’une ville du Doubs dans le passé.
Mouthe est connue pour être la ville la plus froide de France, et au siècle dernier, les températures descendaient régulièrement sous la barre des – 30 °C. Ce trou à froid a enregistré la température la plus basse de France le 13 janvier 1968 : – 36,7 °C, un record absolu jamais égalé depuis. Mais cette valeur extrême n’est pas le seul record enregistré ce jour-là : c’est également le jour où l’amplitude thermique a été la plus grande en France.
Un microclimat spécifique lié au relief et à la position de la ville
L’amplitude thermique journalière est l’écart de température entre le matin (la température minimale) et l’après-midi (la température maximale de la journée). C’est au printemps et à l’automne que les amplitudes thermiques sont en général les plus fortes, lors des intersaisons pendant lesquelles les masses d’airmasses d’air changent très vite.
Mais la ville de Mouthe possède un microclimat lui permettant d’avoir des conditions météométéo qui fluctuent de manière extraordinaire. Le matin du 13 janvier 1968, de la neige était présente au sol, dans le relief en forme de « cuvette » de Mouthe et un petit flux de nord-est circulait les jours précédents. Le refroidissement a donc été extrême et la hausse des températures sans doute amplifiée par l’arrivée d’une autre masse d’air ou de quelques éclaircies : la ville est donc passée de – 36, 7 °C le matin à + 1,1 °C l’après-midi, soit 37,8 °C de différence !
Cet écart est exceptionnel, mais il n’atteint pas le record mondial d’amplitude thermique au cours d’une journée : le 23 janvier 1916, la température est passée de + 7 °C, à – 49 °C le matin suivant à Browning au Montana (États-Unis), soit une chute du mercure de 56 °C !