le mégalodon était un prédateur bien plus effrayant qu’on ne le pensait !

paultensor
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Dans le film « En eaux troubles », le mégalodon apparaît comme une sorte de gigantesque requin blanc. Une ressemblance issue de l’imagination fertile des réalisateurs ? Non. C’est ainsi que la science l’a longtemps décrit. Mais des chercheurs estiment aujourd’hui que les précédentes études se sont probablement trompées. Ils dressent un portrait très différent du terrifiant prédateur des mers.

Le mégalodon. C’est le plus grand requin à avoir vécu sur notre Terre. Il y a quelque chose entre 3,5 et 20 millions d’années. Un véritable monstre des océans dont les chercheurs ont surtout retrouvé d’impressionnantes dents de la taille d’une main humaine. Et il a longtemps été décrit comme un énorme requin blanc. À cause, justement, des dents dentelées que l’on trouve dans les gueules des uns et dans les restes fossiles des autres. Mais une trentaine d’experts menés par les paléobiologistes de l’université DePaul (États-Unis) confirment aujourd’hui – ils l’avaient déjà suggéré il y a un an dans une première étude – que cette description pourrait être complètement fausse !

Pour estimer la taille et la corpulence du mégalodon aujourd’hui disparu, les chercheurs sont allés plus loin qu’une seule analyse des dents du monstre. Profitant de fossiles nouvellement découverts du côté de la Belgique, ils se sont penchés sur les caractéristiques de sa colonne vertébralecolonne vertébrale. Et ils les ont comparées à celles de plus de 150 espèces de requins. Vivants ou éteints. Une manière de pouvoir estimer la taille des parties manquantes de ces fossiles. Sa tête et sa queue. Les résultats, publiés dans la revue Palaeontologia Electronica, apparaissent comme « les plus solidessolides à ce jour sur la taille et la forme du corps du mégalodon ».

Le mégalodon, un géant au corps allongé

Ainsi les chercheurs estiment que le spécimen belge devait mesurer plus de 16 mètres de long : 11 mètres de tronc – c’est la partie de colonne vertébrale fossile que les scientifiques ont retrouvée -, presque 2 mètres de tête et plus de 3,5 mètres de queue. Mais en comparant la plus grande vertèbre de ce spécimen avec une autre découverte au Danemark, les chercheurs estiment que certains mégalodons ont pu mesurer plus de 24 mètres de long. L’équivalent de deux bus scolaires. Et peser environ 94 tonnes, autant qu’une grande baleine bleue. « Plutôt que de ressembler à un grand requin blancgrand requin blanc surdimensionné (ndlr : au corps trapu conçu pour les pointes de vitessevitesse), le mégalodon ressemblait davantage à un énorme requin-citron (ndlr : mises à l’échellemises à l’échelle, les proportions des deux coïncident presque parfaitement), avec un corps plus fin et allongé. »

Mais pourquoi est-il si important de comprendre à quoi pouvait bien ressembler ce terrifiant requin aujourd’hui disparu ? Parce que cela permet aux scientifiques de mieux estimer l’impact des grands prédateurs sur leurs proies, et sur leurs concurrents. Cela met aussi en lumièrelumière les conséquences de leur disparition et comment les écosystèmes marins actuels ont pu se développer.

Pourquoi certaines espèces deviennent-elles ainsi gigantesques ?

Ces découvertes sur le mégalodon suggèrent ainsi qu’il était probablement du genre à parcourir les océans à une vitesse modérée. De l’ordre de 2 à 3,5 kilomètres par heure pour les plus grands individus. Mais qu’il gardait la capacité de se propulser vers l’avant lorsqu’une proie se présentait. Compte tenu de sa taille et de ses besoins énergétiques, en effet, une nage constante à grande vitesse n’aurait pas été aussi efficace.

Autre précision apportée par ces travaux : la taille d’un mégalodon nouveau-né. Elle pouvait atteindre 4 mètres. Soit l’équivalent d’un requin blanc adulte ! Il est ainsi fort possible que très rapidement, les petits mégalodons aient été en mesure de tuer des mammifères marins pour se nourrir.

Ce que les chercheurs retirent aussi de cette étude, ce sont quelques indices sur les raisons qui font que certains animaux évoluent pour atteindre des tailles hors normes. Et d’autres pas. Les scientifiques notent en effet que les plus grands requins actuels, parmi lesquels le requin-baleine (Rhincodon typusRhincodon typus) et le requin pèlerin (Cetorhinus maximusCetorhinus maximus), mais aussi d’autres vertébrésvertébrés marins géants, comme les baleines, présentent un corps élancé. Parce que cette morphologiemorphologie s’avère plus efficace pour la nage. C’est donc, semble-t-il, en raison de contraintes hydrodynamiques que le grand requin blanc, lui, n’a jamais atteint le gigantismegigantisme. « Il ne consiste pas seulement à devenir plus grand, mais aussi à développer un corps adapté pour survivre à cette échelle, concluent les chercheurs.  Et le mégalodon en est peut-être l’un des exemples les plus extrêmes. »

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