Des chercheurs ont récemment découvert l’étrange mécanisme de détoxification des tomates qui nous permet de pouvoir les consommer sans risques.
Pendant des siècles, les humains ont cru que la tomate était un fruit mortel. En Europe, au XVIe siècle, elle était même surnommée le « fruit du diable ». Les cas de décès attribués à la consommation de tomatestomates étaient en réalité causés par autre chose : l’acidité de la tomate dissolvait le plombplomb contenu dans les assiettes.
Malgré cette confusion, la tomate produit bel et bien des toxines dangereuses pour l’Homme.
A 400 YEAR-OLD BAN ON TOMATOES IN EUROPE –
Tomatoes, whose homeland is South America and came to Europe thanks to the discovery of this continent, were thought to be poisonous and were not eaten until the first quarter of the 1800s.
The truth is that in England in the 1500s,… pic.twitter.com/TAjJKmpfda
— Dr. M.F. Khan (@Dr_TheHistories) March 24, 2024
Un fruit pas si inoffensif
Comme de nombreuses plantes de la famille des SolanacéesSolanacées, la tomate fabrique des glycoalcaloïdes. Ces moléculesmolécules, conçues pour repousser les insectesinsectes et autres prédateurs, peuvent s’avérer toxiques pour l’Homme en grande quantité avec des effets comme des troubles digestifs sévères, des maux de tête, voire, dans des cas extrêmes, des effets neurologiques.
Pourtant, nous mangeons des tomates sans problème. Alors, comment notre organisme parvient-il à tolérer ce fruit autrefois redouté ?
Un secret caché dans l’ADN de la tomate
Des chercheurs ont percé ce mystère dans une étude publiée récemment dans la revue Science Advances. Lorsqu’une tomate mûrit, elle change de couleurcouleur, de texturetexture et de goût. Ce que l’on ignorait jusqu’ici, c’est que ces mêmes processus entraînent aussi la dégradation des glycoalcaloïdes.
« Steroidal glycoalkaloids (SGAs) are well-known metabolites produced by Solanaceae species; these defense-related compounds affect pathogen infection and mammalian feeding. »
SGAs are also responsible for the bitter taste and toxicity of tomatoes before ripening.
Read here how… pic.twitter.com/8hcg9xwkwB
— Manuela Casasoli (@manuelacasasoli) February 26, 2025
L’étude a révélé que la protéine DML2 joue un rôle clé dans ce mécanisme. Concrètement, la protéine agit en retirant des groupes méthyle d’une région spécifique du génome de la tomate : un processus, appelé déméthylation. Cela permet aux gènes responsables de la neutralisation des toxines de s’activer et de transformer les glycoalcaloïdes dangereux en une substance beaucoup moins nocive : l’esculeoside A. Quand les chercheurs ont bloqué la production de DML2, les tomates sont restées riches en toxines dangereuses.
Pourquoi un tel mécanisme ?
Comme on l’a dit, si la tomate produit des toxines, c’est avant tout pour dissuader les herbivores et les insectes de la manger avant qu’elle ne soit arrivée à maturation. Mais si elle était mortelle en permanence, elle ne pourrait pas disperser ses graines au travers de la digestion des animaux.
Ce mécanisme de détoxification progressive a ainsi permis aux animaux de manger les tomates, favorisant la pérennité de l’espèceespèce et leur ascension en tant qu’aliment incontournable dans nos cuisines.