Une étude révèle que 60 % des humains pourraient déjà avoir une immunité partielle contre le virus H5N1.
Une étude, menée par des chercheurs australiens et publiée dans la revue Clinical & Translational Immunology, révèle une découverte surprenante : une large fraction du virus de la grippe aviaire H5N1 reste inchangée malgré ses mutations, permettant au système immunitaire humain de le reconnaître et de le combattre. Cette avancée scientifique ouvre également la voie à la mise au point d’un vaccin plus efficace contre la grippe.
La grippe aviaire : un virus en constante évolution
Le virus H5N1, responsable de l’influenzainfluenza aviaire hautement pathogène (IAHP), a causé d’importants ravages chez les oiseaux et plus récemment chez les bovins. Même si les cas de transmission à l’humain restent rares, la crainte d’une mutation qui faciliterait la transmission interhumaine incite les scientifiques à intensifier leurs recherches. Actuellement, 67 cas d’infection humaine ont été confirmés aux États-Unis, et le virus circule activement en Europe.
H5N1 : 60 % des humains déjà partiellement immunisés ?
Les chercheurs de l’université de La Trobe ont découvert que 64 % du code génétiquecode génétique du H5N1 est stable, ce qui signifie que certaines parties du virus restent identiques au fil du temps. Cette stabilité permet à un type spécifique de lymphocyteslymphocytes TT, appelés CD8+, de reconnaître le virus et d’organiser une réponse immunitaire efficace. La bonne nouvelle est que selon leurs analyses, environ 60 % des individus posséderaient une immunité préexistante contre le H5N1 grâce à ces cellules T.
Cependant, nous ne serions pas tous égaux face à ce niveau de protection. En cause : notre système immunitaire qui ne fonctionne pas de manière identique chez chacun d’entre nous. Une partie de cette différence est due aux antigènesantigènes leucocytaires humains (HLAHLA), un ensemble de gènesgènes qui aident notre corps à identifier les menaces extérieures. Étant donné que nous possédons tous une combinaison unique de moléculesmolécules HLA, certains d’entre nous reconnaîtront mieux le virus que d’autres.
Ce chiffre de 60 % pourrait toutefois être sous-estimé, car d’autres mécanismes immunitaires peuvent entrer en jeu. Une infection antérieure par un virus de la grippe Agrippe A, par exemple, pourrait entraîner une meilleure reconnaissance du H5N1, et augmenterait ainsi la probabilité d’une réponse immunitaire efficace. Autrement dit, notre organisme pourrait être mieux préparé qu’on ne le pense face à ce virus.
Vers un vaccin plus efficace contre la grippe ?
Ces découvertes suggèrent de nouvelles opportunités pour la mise au point d’un vaccin plus performant contre la grippe. En effet, les vaccins actuels contre la grippe saisonnière ciblent principalement l’hémagglutininehémagglutinine (le « H » du H5N1), une protéineprotéine de surface qui évolue rapidement d’année en année, rendant les vaccins moins efficaces. En revanche, en s’appuyant sur les parties plus stables du virus reconnues par les lymphocytes T, les scientifiques espèrent développer un vaccin offrant une protection plus large et plus durable.
Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, cette découverte apporte une lueur d’espoir dans la préventionprévention des pandémies futures et pourrait révolutionner la vaccinationvaccination contre la grippe.