Les tortues ont un GPS intégré… et la science vient enfin de le prouver !

paultensor
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Une découverte récente a révélé un secret fascinant chez une espèce commune de tortues de mer. Ces créatures marines possèdent une capacité étonnante qui pourrait transformer notre compréhension de leur comportement.

Caretta caretta, la tortue caouanne, est une grande voyageuse, capable de sillonner les océans en s’aidant des courants. Elle s’oriente dans ces périples avec une sorte de compas interne, capable de mesurer les variations des lignes du champ magnétique terrestre.

Ceinturant la planète d’un pôle à l’autre, ces lignes de champ servent à toute une série d’animaux migrateurs, qu’il s’agisse par exemple de saumons ou de certaines espèces d’oiseaux. Ils savent aussi dresser une carte magnétique de leurs endroits de prédilection, utiles pour la reproduction, la ponte, l’alimentation ou encore comme abri saisonnier, en utilisant l’intensité du champ magnétique ainsi que l’inclinaison spécifique de la ligne de champ par rapport à la surface.

Ce qui suppose que l’animal ait enregistré et retenu ces coordonnées magnétiques.

C’est confirmé, les tortues caouannes utilisent une carte magnétique

Pour la première fois, une étude apporte une « preuve directe qu’un animal peut apprendre et se souvenir de la signature magnétique naturelle d’une zone géographique », écrivent dans la revue Nature, Kayla Goforth, de l’Université de Caroline du Nord et ses collègues.

Les chercheurs ont utilisé de jeunes tortues caouannes, tenues captives dans des bassines. Ces bassines étaient placées sur une plateforme équipée d’un système de bobines magnétiques répliquant l’intensité et l’inclinaison spécifiques du champ magnétique terrestre d’un endroit dans l’Océan atlantique.

Elles ont alors été conditionnées sur deux mois, alternant quotidiennement entre deux endroits, mais en étant nourries uniquement dans un seul et même lieu. Les chercheurs ont ensuite observé leur comportement en l’absence de nourriture, et notamment leur « danse des tortues ». Les jeunes caouannes font cette danse lorsqu’elles attendent leur pitance en se dressant juste sous la surface de l’eau, bouche ouverte, avec des mouvementsmouvements rapides de nageoires, voire en faisant la toupie.

Privées de nourriture, les jeunes tortues ont reconnu le bon « endroit » de leur carte magnétique en y dansant avec plus d’entrain que dans l’autre.

Un résultat fournissant une preuve que l’animal peut apprendre les signatures magnétiques de zones géographiques, mais aussi s’en souvenir au moins quatre mois après la période de conditionnement.

Des mécanismes encore incompris

Là où l’affaire se complique est sur les mécanismes à l’oeuvre, qui restent indéterminés « sans équivoque » quels que soient les animaux concernés, remarque l’étude.

Une hypothèse repose sur la capacité chez l’animal à détecter l’influence du champ magnétique sur une réaction électronique entre certaines moléculesmolécules excitées par la lumièrelumière. Un mécanisme de magnétoréceptionmagnétoréception chimique, qu’on sait perturbé par l’émissionémission d’un champ d’ondes radio. Or les jeunes tortues de l’expérience n’ont pas été perturbées le moins du monde par cette émission de fréquence radio dans l’expérience de la carte, en se mettant à danser comme il faut à l’endroit où il faut. 

En revanche, cela n’a pas été le cas dans une expérience d’orientation impliquant leur compas. 

Le sens du compas repose sur une magnétoréception chimique, et le sens de la carte sur un mécanisme alternatif

Les jeunes tortues naissant en Floride ont l’habitude de faire un grand tour de l’Atlantique nord, en passant près des côtes africaines avant de s’en retourner, en utilisant les courants, vers les eaux nord-américaines.

Dans un grand bac mimant les conditions magnétiques que l’on trouve au Cap Vert, elles se sont bien orientées vers l’Ouest et leur bercail américain. Mais sous l’influence d’une émission de radiofréquence, elles se sont dispersées un peu n’importe où.

Conclusion de l’étude, une « hypothèse de travail raisonnable est que le sens du compas repose sur une magnétoréception chimique, alors que le sens de la carte repose sur un mécanisme alternatif ». Cette hypothèse est renforcée par celle affirmant, selon les chercheurs, qu’un tel double mécanisme est aussi à l’oeuvre chez d’autres vertébrésvertébrés migrateurs. 

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